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Sujet de la thèse d'Anne Millet : "Évolution de la cure analytique à travers ses conflits et ses crises".
    A travers l'histoire et l'évolution de la psychanalyse, Anne se demande pourquoi cette pratique, qui devrait libérer l'analyste et l'analysant, produit des figures rigides, des dogmatismes, des divisions et des conflits ? Elle observe finement "tous les moments de glissement où les concepts figent et où les hypothèses deviennent des certitudes".
    Quelques bonnes paroles des membres du jury :
Jacques André : C'est une thèse remarquablement écrite avec une plume trempée dans le vinaigre. Vous restez prise dans votre lien à François Roustang et dans la question de l'hypnose et de la suggestion. La méthode de Freud n'est pas en question (association libre + écoute flottante) et on ne peut pas contourner la question du sexuel infantile. la psychanalyse est une entreprise de liberté dont je ne vois pas l'équivalent.
François Marty : Voilà une thèse inhabituelle et de caractère. La théorie se porte bien. Elle a beaucoup évolué depuis la mort de Freud. La pratique également. La psychanalyse est rigide là où elle est la plus incertaine. Votre thèse inavouée : "Alors tous ces conflits, juste pour de la réassurance narcissique ?"
Marinoff : Votre thèse est un pamphlet rafraichissant. Oui il y a des attitudes figées et dictatoriales dans la psychanalyse. La crise Freud/ferenczi de 1920 est centrale. Transfert paternel? homosexualité? cela se reproduit plus tard avec Lacan. Freud n'avait pas fait d'analyse et il y a des zônes d'ombre chez lui. Cependant, pour avoir vécu la psychanalyse en Russie, je peux vous dire que lorsqu'il y a dictature, il n'y a pas psychanalyse. La psy est toujours du côté de la liberté, même s'il y a des fixités narcissiques. Freud ne montait pas sur l'estrade pour parler aux foules, Lacan oui. Freud laisse voir ses failles dans ses écrits.
Alain de Mijolla : J'ai eu un vrai plaisir. C'est une recherche historique passionnante. Voilà une thèse lisible et compréhensible. Je dis à mes patients que "tout ce qui peut les aider est bon, thérapies brèves, shiatsu, etc. Par contre si vous voulez aller plus loin dans votre histoire, il y a la psychanalyse". Merci de parler de Widerman " la vérité est un leurre, il faut une rencontre". Vous n'évoquez pas la présence du sexe dans les rapports entre psy et même avec leurs patients. Lacan est le fils de Jung plus que de Freud.
Patrick Guyomard : Belles qualités d'écriture mais agacement et irritation, François Roustang est votre maitre en cela. heureusement que la psychanalyse a des crises instituantes et destituantes ! Pour mon ami Roustang "La psychanalyse n'existe pas, elle n'est que croyances et phénomènes religieux. Il n'y a que des psychanalystes". Si nous abandonnons les concepts minimaux (transfert, contre-transfert) où va-t-on? Roustang dit "l'essentiel du travail du thérapeute consiste à ne rien faire" et Lacan "Le psy doit occuper la place du mort" et puis "il n'y a pas de cure-type, il n'y a que le type en face de vous" et encore "le contre-transfert c'est l'engagement du psy dans la cure". Les psychanalystes ne sont pas responsables des forces pulsionnelles qu'ils déclenchent. Freud se compare à Faust et à un chimiste qui peut provoquer une explosion avec ses manipulations. Peut-être que Roustang a peur d'être psy ? la question de l'enfant qu'a été le psychanalyste revient de façon récurrente. Il y a répétition des traumatismes dans la cure. La psychanalyse comme "cette femme dans la rue, sous sa robe est nue " Breton.




Tag(s) : #psychanalyse

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