Hier soir j'étais au théâtre de l'Odéon pour voir Philoctète de Jean-Pierre Siméon (une très
belle variation à partir de Sophocle) mis en scène par Christian Schiaretti
.
Laurent Terzieff était incroyable dans la peau de ce vieillard décharné trompé par Ulysse (sorte de
Ben Gunn de l'île au trésor de Stevenson !) Johan Leysen (Ulysse) et David Mambouch (Néoptolème) étaient très justes également. Le parti pris de jouer dans la salle, devant le rideau de
scène fermé ( à peine soulevé parfois pour laisser deviner une grotte profonde ) était une idée formidable, une économie de décor intelligente pour ce TNP de Villeurbanne en errance à cause de
longs travaux. Hélas la belle idée tournait court quand tout le rideau se découpait en trapèze et s'abattait à la fin (j'ai entendu les dizaines de milliers d'euros dégringoler!) pour
devenir un praticable en perspective géante débouchant sur un paysage d'ilôts brumeux avec apparition d'un Commandeur/Hercule d'opérette à pattes d'éléphant. Alors le réalisme engluait le théâtre
et toute la fin n'était plus qu'une longueur pénible, ressentie par une salle d'avant première assez jeune. Dommage.
Dommage aussi que ce Philoctète souffrant et isolé, mais figure de l'homme libre, finissent lui aussi
par se plier aux dictats des dieux...
Content de retrouver là Ciryl Casmèze (le singe debout) et Jean-Pierre Jourdain (administrateur du
TNP)
Bonjour en passant à Claire Cohen (coiffures, maquillages) dont je retrouve le nom sur le
programme.
Frédéric Delalot (http://frederic.delalot.over-blog.com): Laurent Terzieff est le théâtre à lui seul...
Par Ivan Sigg
Dimanche 6 septembre 2009
Je viens d'assister à la représentation de la pièce "Szewcy" (les cordonniers), de l'auteur
polonais Stanislaw Witkiewicz (aussi appelé "Witkacy" ), dans une très bonne mise en scène de Monique Stalens. Avec zéro moyens et un
très bon choix d'acteurs bénévoles (amateurs et professionnels comme Justine Wolsky) il se dégageait une énergie surprenante sur la miniscule scène de l'Institut Culturel Polonais. Bravo à Kuba Kurkiewicz pour l'affiche et les costumes.
Les cordonniers est une parabole philosophique, politique, visionnaire, drôle, cinyque, décapante, pleine de néologismes et de gros mots, écrite en
1937-40. Hé hé, je dis ça mais les acteurs jouaient en polonais et si le résumé et mon russe de lycée m'ont permis de suivre, je n'ai pas compris grand chose ! Je vais donc me précipiter dans une
librairie pour me procurer le théatre complet de cet auteur qui était aussi peintre et romancier, comme me l'a précisé avec un clin d'oeil appuyé, l'ami réalisateur André Wolsky. En attendant,
voici quelques dessins croqués dans l'obscurité :
Encore deux mots à propos de théâtre : Ciryl Casmèze l'homme sanglier, a lu cet été mon "Animalamlet" avec grand intérêt et c'est au tour de Jade Duviquet (qui dirige la
compagnie avec lui) de donner son avis
à présent. Ciryl pense qu'il faudrait "trois ans pour monter ce gros projet"...
Par Ivan Sigg
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