Jeudi 17 décembre 2009
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14:28
Cher Kenzo, Cher Antonio Marras, merci de me fournir cette page du
Courrier International pour vous écrire.
(Me lover dans une chemise ou une couette Kenzo, ça, je savais faire !
Mais me glisser dans une pub Kenzo, ça, c'est une première :)
Oui, je sais, j'ai fait disparaître votre montre, mais bon, on a le temps d'apprendre à se connaitre, non ? Art-micalement, Ivan Sigg, maître en métAMORphose.
Par Ivan Sigg
Mardi 15 décembre 2009
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16:06
L'ECV, Ecole de Communication Visuelle de Paris, m'invite le 15 décembre pour
parler de mon travail auprès de six classes de première année. ECV, 1 rue du Dahomey 75011 Paris.
Par Ivan Sigg
Vendredi 11 décembre 2009
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14:07
Ivan : Non je ne me vaccine pas et ne fais pas vacciner mes enfants mais je n'essaierai pas de t'en
convaincre.
Philippe : Avec de tels propos, et comme tu as du charisme, si des gens meurent, ne penses-tu pas que tu
es responsable ?
Ivan : Je suis totalement responsable des propos que je tiens sur la grippe A H1N1.
Je suis responsable de mes actes et de ma décision de ne pas me vacciner contre cette grippe. Je ne fais pas de prosélistisme.
Je ne suis pas responsable des décisions que prennent les gens. Chacun peut être attentif et ne pas tomber dans la croyance ou la rumeur.
Je suis soucieux du sors des gens, de leur immunité future, des deniers de l'état et du comportement des laboratoires pharmaceutiques.
J'ai lu de nombreuses études scientifiques avant de prendre ma décision de ne pas me vacciner, de ne pas vaciner mes enfants et enfin de le dire. Voir le site du Docteur Marc Girard , le Livre du Docteur Michel Georget "Vaccinations les vérités indésirables"
et le site de Jean-Pierre Petit
Philippe : Je ne suis pas d'accord. Si ton pouvoir de persuasion est faible, ok , mais ce n'est pas le cas. On en
rediscute.
Par Ivan Sigg
Mardi 1 décembre 2009
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21:53
Entendu sur la ligne de bus du PC3 entre Porte de La Chapelle et Porte de Saint Ouen :
— Quand on est tombé tous les trois malades, on était cassé, tu parles ils n'ont pas fermé la classe.
— Hé faut pas s'moquer d'cette maladie mec, l'autre y s'est moqué et il a attrapé la grippe !
— Cette grippe elle t'atteint tes défenses inhumanitaires (sic)
— Tu vois, tu parles de ça et ça y est j'ai mal à la gorge et j'ai envie de cracher.
— Hé mec c'est pas la gripette, c'est la mondiale !
Par Ivan Sigg
Mercredi 11 novembre 2009
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12:17
J'ai eu Mr H. à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris
le responsable auquel Mr T. nous a renvoyé, ce dernier étant l'unique piste de Mme G.
(Conversation téléphonique transcrite de mémoire, à lire avec un ton aimable et léger)
H : J'ai reçu votre email, je ne vois pas ce que je peux faire pour vous... Mais vous voulez faire quoi au juste, c'est flou.
Moi : Nous sommes dans une recherche de financements pou un documentaire autour de trois architectes et de l'évolution architecturale d'une maison parisienne sur 120 ans.
H : Ah ! Ca c'est pour la communication ! C'est de l'évènementiel ! C'est pour une mairie. C'est pas pour nous. Nous nous soutenons des projets artistiques. Il faut vous adresser à la Direction de
l'Urbanisme .
Moi : Mon projet est artistique... J'ai réalisé une fresque qui relie le travail de ces trois architectes...
H : Je sais, j'ai lu votre email. Je reviens de St Petersbourg où les pratiques sont très différentes. Ici on privilégie le contraste entre l'ancien et les surélévations contemporaines pour les
mettre en valeur, là-bas c'est le contraire, on fait de la copie à l'identique.
Moi : Je n'ai fait ni l'un ni l'autre. J'ai relié 2000 et 1893 avec du 1913 ce qui donne un étonnant métissage 2009...
H : Je ne vois pas ce que je peux faire pour vous.
Moi : Vous pouvez m'indiquer quelqu'un à qui je puis m'adresser ?
H: Je vais relire votre email, mais je ne connais personne.
Moi : Vous savez, les mots évenementiel et communication ne me parlent pas du tout, mon projet étant d'ordre sociologique, urbanistique et architectural.
H : Alors c'est pour le Pavillon de l'arsenal, c'est un beau lieu si vous pouver y exposer.
Moi : Vous vous faites quoi ?
H : Nous, nous donnons des bourses pour des projets artistiques qui ne sont pas encore réalisés.
Moi : Si je vous en avais demandé une vous me l'auriez donnée ?
H : Ha ha ha
Moi : Voilà, on se mord la queue et j’attendrais encore au pied de l'échafaudage pour la peindre. Il n’est donc pas la peine de prendre rendez-vous j’imagine… ?
H : Non, allez voir l’Arsenal
Moi : Merci pour votre éclairage
H : Ha ha ha
Par Ivan Sigg
Vendredi 6 novembre 2009
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15:17
Carole Gautier et Eugénie Favre m'ont autorisé à
publier sur mon blog, l'échange ci-dessous. Il fait suite aux critiques du n°6 de Deliciouspaper que j'avais récemment publié ici-même. Nous avons, moi et elles, essayé de nous
expliquer...
Chère Carole et chère Eugénie,
les quelques mails de félicitations que j'ai pu vous envoyer directement ou en copie de Deliciouspaper depuis
avril 2009 (mes UNES détournées étaient des hommages à votre travail) ne vous ont, semble-t-il, pas convaincues de tout l'intérêt que je porte à votre travail. Il n'est jamais bon de se faire une
idée des gens à distance, c'est vrai pour moi comme pour vous.
Le contact direct me semble beaucoup plus judicieux et je vous invite donc, avec plaisir, à mon atelier, la
prochaine fois que vous serez de passage à Paris.
Je suis entier, direct, attentif, responsable et je n'essaie de parler que de ce que je vois et de ce qui
est.
Si ce constat provoque en moi un nouvel éclairage, de l'étonnement, une jubilation et une compréhension
nouvelle, alors je le dis et le partage avec tous ceux qui peuvent l'entendre. Je n'ai donc cessé de parler autour de moi de cet ovni éditorial qu'est DP, depuis que mon ami Habib m'en avait
mentionné l'existence.
Mon constat sur le numéro 6 de DP, que vous avez pu lire sur mon blog est l'exemple même de l'intérêt que je
porte à DP. Pour moi qui ai été formé à la déconstruction des images par Daniel Arasse en fac d'histoire de l'art; à la sémiologie et au graphisme socio-culturel à l'ENSAD par François Miehe l'un
des fondateurs de GRAPUS; et enfin qui ai travaillé dans la friction du sens et de la forme à GRAPUS avec Gérard Paris-Clavel et Pierre Bernard pendant deux ans, je ne conçois pas d'autre manière
de travailler que l'approche globale : le sens, la forme et ma vie ne sont pas fragmentés mais ils font corps. D'où mes remarques aussi bien sur la nouvelle UNE, le nouveau logo, la typo, les
pictos, la mise en page, que sur le fond des articles et le sens même du projet DP, dans lequel je m'implique sans attente, et dans lequel j'implique mes amis ( envois de textes, concours de
nouvelles, recherche de financement).
Je ne compte plus les rendez-vous d'échanges passionnés avec Denis et Charles-Henri et regrette que vous n'en
soyez pas à cause de la distance (je leur ai fait une proposition de "journée de réflexion" dont ils vous parleront...). Je partage toute aventure humaine qui remet en mouvement le quotidien. Mes
médiums sont la peinture et l'écriture. N'ayez aucune crainte je ne désire jamais ce que font les autres ou ce qu'ont les autres. Et puisqu'à un moment ou à un autre il faut parler finance (comme
me le répète Charles-Henri à chaque fois que nous nous voyons :o), en 2008 j'étais en déficit et en 2007 je touchais le smic, mais je suis heureux de mon cheminement qui, à 49 ans, reste anonyme
et peu parisien mais artistiquement bouillonnant.
Encore bravo pour votre créativité, désolé si je vous ai froissées et merci de m'avoir lu,
art-mitiés,
Ivan.
PS) pour vous en convaincre encore, regardez le travail de partage de regards que je fais sur :
http://wp.unjouruneoeuvre.eu
La réponse des Polkaouistiti :
Bonjour Ivan,
nous avons donc reçu votre mail par
l'intermédiaire des garçons.Nous avions bien compris l'intérêt que vous portiez à Deliciouspaper, nous vous en remercions.
Effectivement l'échange par mails n'est pas
toujours agréable.
Etant franches et directes également, nous allons
donc vous dire ce que nous pensons de tout ça. Ce que nous n'avons pas beaucoup apprécié, c'est la "botte secrète", nous aurions préféré avoir un commentaire dans nos boites respectives (les garçons et nous) en plus de
votre mot sur votre
blog. Nous avons
cette sensation que vous avez fait les questions et les réponses.
Concernant la critique, que vous n'aimiez pas ce
nouveau numéro c'est un droit, que vous le critiquiez c'est un droit, ce n'est pas ça qui nous dérange. En fait c'est une chose de dire ce qui ne va pas, nous trouvons beaucoup plus déplaisant de nous dire quoi faire sans que
nous puissions avoir
droit à la parole. Nous avons lu vos références : François Miehe, Gérard Paris-Clavel, Grapus, Pierre Bernard, Daniel Arasse. Si vous avez le droit de nous dire comment faire les choses, nous avons également
le droit de ne pas
écouter ses suggestions que nous pouvons ne pas partager.
Si il y a bien quelque chose que nous poursuivons
en faisant ce métier, c'est la liberté.
Au début, nous pensions apprendre de nos pairs et
en fait ce sont nos clients qui nous apportent de la richesse car nous apprenons de ce que nous ne connaissons pas.
Pour citer une artiste dont nous apprécions le
travail, Marina Abramovic :
"Je n'apprends que de ce que je crains le plus".
Et nous craignons toujours ce que nous ne comprenons pas. De réduire un travail qui passe par des convictions fortes que nous
partageons avec les garçons à quelques phrases
n'ouvre pas la discussion, vous en conviendrez. Nous aurions préféré une tribune de discussion, nous serions venues volontiers sur votre blog répondre à des questions en direct. Cela nous froisse à ce niveau car nous n'avons pas eu
cette possibilité.
Vous savez c'est typiquement humain, cela
s'applique à chacun, on glisse facilement sur un espace dédié à ses réflexions vers de l'emporte pièce, avec tout l'affect que cela introduit. Et nous pouvons comprendre les choses sans les aimer, il va de
soit.
Vous parlez de l'approche globale de la manière
de travailler. Il faut comprendre qu'il y a des milliers de façons de travailler qui sont toutes aussi valables les une que les autres. Vous avez beau été formé à la déconstruction des images, avoir travaillé dans la friction
du sens et dela
forme, vous n'avez pas compris la page picket fence par exemple. La répétition du titre scande, marque un rythme, comme une litanie rappelant la disposition régulière des piquets. Vous en
déduisez que cela ne
sert à rien, vous voyez comme tout est subjectif. Alors que vous auriez pu dire je n'ai pas compris cette mise en page, je leur demande. Nous aurions partagé, il n'y a pas de souci. Vous ne
l'auriez peut être pas plus aimé, ce n'est pas grave, vous auriez eu le sens.
Dire que des lettres recouvrant le texte et une
barre rose sur "Imbécileseconomics only" dit ne lisez pas ce texte, c'est comme si vous nous disiez que le rouge évoque la passion, point. Rien d'autre. Sémiologie quand
tu nous
tiens...
Si vous préférez, par de courtes phrases, réduire
un travail conséquent sur la forme et le sens n'explique rien, à part le fait que vous n'aimez pas ce style. Encore une fois, c'est un droit mais c'est un autre sujet.
La fragmentation peut être intéressante aussi,
tout est question de contexte et de circonstances. Nous ne voulons pas réduire les possibles. De là à dire que le sommaire fragmenté ressemble aux autres journaux, ce ne sont pas les retours que nous
avons.
Ce que nous voulons vous dire c'est que nous nous
méfions des dogmes. Nous avons eu un enseignement intéressant, parfois nous nous y référons, parfois nous le détournons. Appliquer stricto sensu ce qu'on a appris peut parfois réduire un champ d'action et de
pensée.
Comme vous, nous allons décrypter
:
Nous vous citons
:
"- Le nouveau Ours/édito/sommaire (à pictos) est
illisible", "ce
qui donne une terrible quatrième de couv n'ayant plus sont "statut DELICIOUSpaper" qui fait penser aux pires couvertures du "Journal des parents" de la FCPE"
Pensez-vous que cela nous a fait plaisir aux
garçons comme à nous de ne plus avoir de sommaire ni de quatrième de couverture ? C'est la dure loi des contraintes financières, sinon DP6 ne sortait pas.
"- Pourquoi les "pubs culturelles" ont-elles
perdu leur cadre (noir, blanc
ou rouge) ? "
Encore une contrainte financière, les annonceurs
préfèrent payer pour
une pleine page.
Que vous dire ? vous conviendrez que c'est
injuste de votre part.
Concernant votre illustration, c'est assez
ingrat. 2 heures avant d'envoyer le magazine sous presse, nous avons passé plus d'une heure et demi à nettoyer votre illustration afin de la faire ressortir, la valoriser. Concernant la page presse, le briefing de base, était une
page presse, lisible
il n'était pas question de faire une page création comme pour les textes, tout ça concerne la direction éditoriale.
Comme on le disait avec les garçons, c'est
effectivement notre meilleur numéro à eux et à nous et c'est un nouvel élan pour cette année. Par ailleurs il est envisagé d'ouvrir une discussion sur le blog des garçons, concernant des questions postées par les lecteurs sur la
nouvelle charte. Nous
serions là avec eux pour y répondre. Ce projet est un véritable défi en cette période où la presse va très mal, où si peu est donné en partage à des personnes qui n'attendent que ça. Et les efforts sont conséquents et nous ne lâcherons
pas (Charles-Henri,
Denis et nous). Juste pour donner tort à cette société qui ne propose que du consommable.
Notre leitmotiv de travail est que nous ne
travaillons pas POUR mais AVEC un client et le résultat d'un travail est la synergie de toutes ces compétences réunies. C'est en ça que nous en sommes très fières depuis le début et nous pensons que les garçons aussi. Il est
toujours intéressant
de jouer avec des contraintes et de les détourner.
Charles-Henri et Denis sont venus vers nous la
première fois, en nous disant "Il faudrait que Delicious ne soit pas jeté, qu'il soit en quelques sorte collectionné", d'où nous avons inventé le principe formelle de
la phrase à
découvrir. Pour la nouvelle saison, les gens ayant déjà abordé Delicious, il s'agissait de poser son nom, qu'il soit rapidement
reconnaissable afin qu'il puisse
survivre.
Le projet de DP est un défi, comment faire
autrement en préservant des convictions, en faisant avec des contraintes sociales tout en introduisant un travail formel qui change la donne.
Derrière chose, un travail est toujours dans
l'évolution, nous ne faisons jamais la même chose, nous devons faire autrement. Sinon nous arrêtons ce métier. Nous n'avons pas peur du mouvement, du changement, nous avons peur de la stagnation.
Nous pensons qu'il existe deux orgueils :
l'orgueil mal placé qui ne donne rien de bon et l'orgueil d'une éthique, d'une philosophie de pensée qui est ouverte sur le monde. Nous devons forcément partager un peu de celle-ci, vous comme nous.
Dans ce flou, nous pouvons croire qu'une
incompréhension mutuelle s'est instaurée.
Le flou est parfois
beau...
Merci pour votre invitation, si nous venons sur
Paris, nous ne manquerons pas de passer vous voir, ce sera avec plaisir, nous avons toujours privilégié le contact direct.
Vous nous avez donner des liens de site, à notre
tour nous vous donnons un lien. Il se trouve qu'il est musical et que c'est presque un manifeste pour nous.
Juste pour information cette chanson a été
chantée en Chine : Björk "Declare independence". http://www.youtube.com/watch?v=igOWR_-BXJU
A la réalité qui nous circonscrit nous opposons
le rapt possible de la conscience poétique.
Carole et Eugénie
Bonne journée à
vous.
PS : Concernant l'oubli de votre nom, dans la
précipitation de la sortie
du numéro, cela a été omis et nous pensions que
la signature du dessin
suffisait. Nous rectifierons bien entendu au
prochain numéro.
Nous nous en
excusons.
Cordialement
Collectif
Polkaouistiti
Carole Gautier : 06 24 53 27
85
Eugénie Favre : 06 76 89 81
03
http://www.polkaouistiti.fr
http://polkashop.polkaouistiti.fr
deux@polkaouistiti.fr
Ma réponse
Merci pour votre réponse. Restons sérieux, je ne vous dis ni quoi faire ni ne vous interdit de parole. Dommage que vous
restiez sur la défensive et la justification
au lieu d'entendre le lecteur passionné mais surpris. Le comment et le pourquoi n'influencent pas ma perception. Si vous le souhaitez je peux publier votre réponse sur mon blog. cordialement, Ivan Sigg
Réponse de
Polkaouistiti
ce n'est pas de la défensive, c'est plus la défense d'un travail. Mais en
fait nous faisons cela tous les jours. Nous ne nous justifions pas, nous sommes juste passionnées, nous avons du caractère, c'est possible et nous aimons beaucoup expliquer le pourquoi du
comment, car pratiquant un métier de l'image nous aimons y concilier le rapport au langage. Nous espérons plutôt un jour nous rencontrer car cela (nous comme vous)
permettra de dissiper des impressions mutuelles.
Oui, vous pouvez publier notre réponse sur votre blog. Merci de nous demander.
Bonne journée à vous.
Et peut être à bientôt.
Un dernier constat de ma part
Un objet public comme un journal gratuit diffusé à 35000 exemplaires doit apprendre à vivre avec la critique de ses lecteurs a qui il est livré en
pâture.
Je n'ai ni dogme, ni convictions, ni orgueil éthique.
Ce blog a toujours été ouvert aux commentaires, je ne les ai jamais censurés.
Deux choses m'ont fait tiquer quand au sens qu'elles dégagent :
1) "C'est presque un manifeste pour nous"
http://www.youtube.com/watch?v=igOWR_-BXJU
Dans ce clip sans humour et aux images militaires/carcérales/psychiatriques, Bjork assène à répétition dans un micro branché à des cerveaux d'hommes pantins "declare independance,
dont let them do that to you ! "... Donner des leçons aux opprimés ? C'est la faute des autres ?
2) "A la réalité qui nous circonscrit nous opposons le rapt possible de la conscience poétique". La réalité n'a jamais circonscrit personne car elle est infinie. Seule la pensée (ou
la conscience, qui est limitée à son propre contenu) nous circonscrit.
Par Ivan Sigg
Lundi 7 septembre 2009
1
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/2009
22:43
Ca faisait une pige que je n'avais pas pris un taxi... Bien m'en a pris.
(Je préviens : tout est véridique et peut choquer)
Moi : Rue Belliard s'il vous plait.
Taxi : Pas béjoin dé mé dire, jou chais ou est botre roue, ch'est youchte derrière les boulebards
intérioures !
Moi : C'est que ...
Taxi : Les jounes sans le GPS ils sont perdou, mais nous les anchiens on connait Paris par coeur
!
Moi : Vous avez l'air d'aimer votre métier.
Taxi : Yé l'adore !
Moi : Vous aimez quoi ?
Taxi : Tout ! C'est oune métier favouleux ! La boitoure, l'atmochphère de la bille, les rencontres... IL
n'y qu'en takchi qu'on fait de telles rencontres!
Moi (génial, je suis tombé sur un poète, un amoureux de la vie !) : Comme par exemple
?
Taxi : L'autre your je bois oune belle noire sur le trottoir, mais bonne comme oune scoulptoure. Yé sent
qu'ch'est pour moi. Yé ralenti, elle mé fait chigne et elle monte. Elle mé dit "Neuilly !". Yai un peu roulé, yai senti que c'était pochible alors yé loui ai dit " yai enbie dé té soucer et dé té
niquer". Bous chabez ché qu'elle a fait ? Hé bé elle a choulevé chon chemisier et yé loui ai souché les cheins ! Ch'est pas beau ? Bous riez ?
Moi : Je ris parce que j'ai écris une nouvelle il y a 10 ans qui raconte exactement ce que vous venez de
me dire...
Taxi : Imaginez que yai commenché à trabailler à l'oujine à 18 ans et cha fait 51 ans que yé trabaille.
Yai 60 ans et yé trabaille 7 jours sur 7 dépouis 25 ans dans les takchis. Y'adore trabailler. Yé chouis un fou de trabail. Yé prends youste oune mois et demie l'été pour aller dans ma maijon à
Lijbonne. Pourquoi yé prendrais ma retraite alors qu'il y a partout des gajelles qui beulent che faire niquer ? Moi yé souis libre, yé m'arrête là maintenant si yé beux, je bais niquer et je
rebiens trabailler, ch'est formidavle non ?
Moi : Vous vivez seul ?
Taxi : Yai oune femme à la maison. Quand elle était maigre cha allait, mais elle est débénue très groche alors yé bais boire ailleurs, ha ha ha.
A cette instant, j'ai sursauté car une rafale de mitraillette a balayé trois fois de suite la voiture. C'était la première fois que j'entendais une sonnerie de téléphone aussi
violente.
Taxi : Chétait mes deux grandes filles qui me chouaitaient oune bonne anniberchaire !
Par Ivan Sigg
Dimanche 14 juin 2009
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14
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/2009
20:40
Sortir de (chez) MOI. Regarder la vie.
J'entends et je vois :
Le tintement de la vaisselle sur les balcons des immeubles où des déjeuners ensoleillés et en short se préparent.
Tous les tilleuls de la rue Championnet sont en fleur. Qui remarque ce parfum ?
Piaillements de petits moineaux qui viennent de naitre dans les bouches d'aération du HLM en brique au dessus du LIDL.
L'ombre portée d'un vélo comme un taureau couché au sol.
L'homme qui crache depuis la fenêtre de sa voiture.
L'allignement de charmes dans la rue Vauvenargues et leurs énormes bacs en pavé et grillage.
Chaque plaque d'égout, d'écoulement d'eau, d'accès au gaz ou à l'eau, à un graphisme particulier. J'aimerais rencontrer celle ou celui qui les dessine.
Bavardage humain au café de la poste :
Lui : Ca va ?
Elle : Oui
Lui : T'as changé
Elle : Non
Lui : Si, tu étais habillée en cuir rouge avant
Elle : Pas du tout !
Lui : T'as toujours été habillée BèCeBèGe comme ça ?
Elle : Ouais !
Lui : C'était pas une critique
Elle : Ca va
Lui : Ton travail subit la crise ?
Elle : C'est dur
Lui : Y a moins de budget
Elle : ouais
Lui : T'es maquilleuse à la télé, hein ?
Elle : Ouais mais pas que
Lui : Je croyais que tu travaillais dans le théâtre, enfin le spectacle vivant...
Elle : Non
Lui : T'as des pistes ?
Elle : Pas beaucoup
Lui : Je te verrai bien serveuse. Tu sais j'y ai même pensé pour moi. Jusqu'ici la crise reste gérable, hein ? On est comme le mec qui tombe du gratte-ciel et qui dit "jusque là, ça va"
Elle : han han
Lui : T'as toujours pas d'Iphone ?
Elle : trop fragile
Lui : c'est quand même incontournable pour regarder le web...
Je quitte le café. J'entends et je vois :
Une perruche à une fenêtre dont le chant ressemble à une poulie qui grince.
Un homme distingué en costume clair dont la lèvre inférieure reste figée au milieu de sa joue droite dans un terrible rictus. Sa main gauche balaie d'invisibles miettes en permanence.
Je ne connais rien des gens que je croise. Je ne pense rien d'eux. Je les observe. Je les décris. Ils SONT. Mon esprit est immobile et silencieux.
Un homme jette son paquet de clops vide juste sous mes yeux. Mon cerveau réagit et aussitôt la pensée fuse : "il se méprise lui-même"
Par Ivan Sigg
Lundi 8 juin 2009
1
08
/06
/2009
08:35
Jane Klares http://janeklares.canalblog.com intervient sur mon
article Michal Batory et le cda m'offrent une palme à détourner qui parle de la contradiction.
Jane : Voilà une réflexion qui m'intéresse au plus haut point ! Je m'inscris cependant en faux au sujet de la contradiction en tant que facteur désintégrant. La contradiction, qui est
au coeur de nos vies, en est, me semble-t-il, aussi le moteur. L'accepter comme composante essentielle, fondatrice et apprendre à composer avec, m'unifie.
Ivan : merci Jane pour ton commentaire et ton inscription en faux (Ah! le vrai et le faux... )
Oui, voir la contradiction en nous; voir qu'elle est au coeur de nos vies et, pour beaucoup qu'elle en est même le moteur, comme la colère et le ressentiment pour d'autres car nous nous y sommes
habitués depuis des millénaires, comme nous nous sommes habitués aux divisions et aux conflits au point de croire, que c'est dans la "nature humaine".
Mais celui qui tente de vivre une vie intègre au quotidien voit que la contradiction est dissociante et désintégrante :
Parce que je ne suis pas dans l'ETRE, mais dans le DEVENIR, je suis dans la contradiction.
Dès que je suis dans la mesure, la comparaison et le jugement, aussitôt la contradiction (et bientôt la souffrance) sont au rendez-vous.
(je suis comme ceci mais j'aimerais devenir comme cela. La société est comme ceci mais je la voudrais comme cela. Voilà l'état des choses et voilà mon but : je ferais tout pour l'atteindre. Il
y a mes valeurs et il y a les tiennes. La réalité finira par coller à mon idéal. Mon conjoint fait ceci mais j'aimerais tellement qu'il fasse cela....)
Dès que je pense la réalité en termes de contraires (d'opposés), il y a contradictions et conflits intérieurs.
L'apparition de choix est toujours le signe de problèmes. Lorsque je comprends l'instant, il n'y a pas de choix, pas de problème, il n'y a plus d'observateur mais juste la chose observée, j'agis,
je suis l'expérience.
Si nous comprenons (comprendre n'est pas accepter ou composer) qu'il n'y a que ce qui EST, alors il n'y a ni choix, ni problème.
La contradiction peut donner momentanément un sentiment de vitalité, mais c'est une utilisation de l'énergie (à fabriquer des écrans, des cloisonements et des résistances) qui est destructrice à la
longue.
Ce qui m'unifie, c'est l'attention totale, autrement dit l'amour. Cela demande une vulnérabilité psychologique, une prise de risque pour s'ouvrir à tous les possibles. Ce n'est pas de tout repos,
c'est même très intense, et cela dérange.
Par Ivan Sigg
Jeudi 28 mai 2009
4
28
/05
/2009
16:42
Suites
de cette rencontre
Ivan : Bonjour Barbara, nous nous sommes croisés dans le métro. Le résultat de ce que je dessinais alors sur "A Nous Paris" est sur mon blog avec un petit mot
d'accompagnement.
Barbara : ... hum je me demandais justement ce matin, en regardant quelques autres couvertures sur votre blog, si de l'état
provisoire que j'avais observé il resterait visible, le titre, la personne, je me demandais...
... et non disparu, les repères ludiques, engloutis dans le geste, pas moins justes et imposant, mais j'aimais cet éphémère composition qui laisse à l'oeil le soin de choisir son camp, celle
où l'on voyait encore A NOUS PARIS et le visage humain, l'ébauche sans doute pour vous, pour moi la reverie ... qui semble engloutie dans un geste personnel, et sans retour,
Ivan : Pourquoi ne pas voir ce qui est, et entrer en contact avec l'oeuvre telle qu'elle est ? vous vous projetez dans des devenirs illusoires "je me demandais",
puis vous convoquez le souvenir, la mesure, la comparaison et le jugement
et, au résultat, votre déception "disparu... englouti... sans retour".
Votre conditionnement est tout entier dans vos quelques lignes "j'aimais... ma rêverie... mon camp", ne vous permettant d'entrer en contact ni avec l'oeuvre ni avec l'autre et ce qu'il partage avec
vous.
Une attention totale à l'instant et au surgissement du présent, une attention sans savoir, sans but et sans choix, voilà ma liberté.
Barbara : on peut dire aussi que lorsque j'ai vu votre dessin, j'ai aimé ce geste où les réalités se cotoie, celle de la couverture proposée par a nous paris, le sportif, et le mouvement du
dragon évoqué , que maintenant telle qu'elle est sur le blog, elle ne me plaît plus, elle n'évoque que ce qu'elle est devenue, sans aléatoire, sans processus, sans espace, et c'est ainsi. Je ne
penses pas ne pas entrer en contact, au contraire. Merci d'avoir essayé à votre tour.
Par Ivan Sigg
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