Jeudi 11 juin 2009
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Je viens de terminer la lecture de SAYA de Richard Collasse ! Quelle histoire !
Tous ces personnages ballottés comme dans une tragédie grecque ! Ainsi Jinwaki le personnage principal, qui ne semble pas "agir dans la vie" mais "être agit par la vie et la société". Est-ce que
les japonais ont ce sentiment là ?
Pas facile de me détacher de l'idée que l'auteur est un peu dans chaque personnage. Disons que beaucoup d'éléments le laissent à penser. Quelle tranche de vie ! avec ses
plaisirs fulgurants, ses malaises profonds, ses bassesses et ses tristesses ! Que nous dit-il sur le sens de la vie : Tout va dans le mur ? L'humain en général ? La société japonaise? ou
uniquement Jinwaki, Kaori et Saya?
J'ai le sentiment que SAYA est plus un roman du désir et LA TRACE plus un roman d'amour... ? Dans LA TRACE, j'avais été pris au coeur, dans SAYA aux tripes et vingt
centimètres plus bas ;)
Dans SAYA ont sent les interrogations de milieu de vie de l'auteur, le basculement de la cinquantaine, la difficulté de renoncer.
Les femmes japonaises décrites sont belles mais n'ont pas le beau rôle : attendre l'amant ou le mari, le nourrir ou laver son vomi et, pour les adolescentes, se prostituer
(dans un rapport trouble au père), se mutiler le corps ou se suicider. je grossis un peu le trait mais c'est pour dire le malaise que j'ai pu avoir par moment et que d'ailleurs Jinwaki énonce
parfois.
L'auteur a la très belle idée d'incarner son passé dans le personnage de Jinwaki, puis de le faire disparaitre (il le noie dans le passé) pour sortir de sa chrysalide et
laisser place au personnage qu'il est devenu aujourd'hui. Il y a une vraie métamorphose.
Autre impression étonnante encore : A la
différence de LA TRACE, l'auteur semble plus s'adresser aux lecteurs français, dans SAYA, qu'aux lecteurs japonais . Il s'applique par exemple à décrire beaucoup de détails, de lieux et d'objets
du quotidien, qui sont banals pour des japonais mais très exotiques pour nous...?
beaucoup de chose à dire encore mais peut-être lirez vous ces deux livres et viendrez-vous me dire ce que vous y avez trouvé ?
Par Ivan Sigg
Dimanche 17 mai 2009
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Le superbe roman de mon Ami Richard Collasse sort en poche pour ceux qui ne l'ont pas encore lu et veulent
découvrir le Japon de l'intérieur.
Le 21 mai sort son nouveau roman SAYA et je suis impatient de le lire
Par Ivan Sigg
Dimanche 3 mai 2009
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Lisez "Verre cassé" de Alain Mabanckou, c'est génialement drôle, aussi bon que "Tortilla flat" de
Steinbeck, et pour moi le compliment est de taille !
Un auteur qui s'amuse avec l'écriture, avec ses personnages et avec le lecteur en prenant le pari au début du roman de caser le maximum de titres de film et de roman dans ses phrases ! rare
bonheur. Son site :www.alainmabanckou.net
Par Ivan Sigg
Mardi 10 mars 2009
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Plaisir de vous annoncer la sortie de deux nouveaux poches d'énigmes illustrés par
ma pomme chez Marabout :
Enigmes mathématiques machiavéliques & Enigmes littéraires extraordinaires
extrait d'Enigmes littéraires extraordinaires
Par Ivan Sigg
Dimanche 1 février 2009
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Quel pied de sabler ! L'air qui tournoie dans le scaphandre, mon pied qui délie l'outre à vents, la pression qui monte, la tempête de corindon qui
se soulève dans la cabine, ma main gantée qui tricote avec le pochoir, la buse qui danse sous mes yeux et, au milieu de ce déchaînement, le verre qui prend forme...
Marc Bernadac m'écrit ce qu'il pense de mon roman "L'annonce faite à Joseph" (Julliard) :
"Ivan, quand tu achèves un livre et que tu fouilles jusqu’à la troisième de couverture afin de
t’assurer qu’il n’y a plus trace d’écriture, cela révèle le plaisir du lecteur. L’évocation de l’enfance est loin d’être aisée. Je ne paraphraserai pas à ta façon le grand Marcel (dont hasard
c’est la fête ce 31 janvier) avec le bonneheure irrévérencieux que tu as su y mettre. Non, c’est sa dernière phrase que je vais citer, nettement moins célèbre, mais celle-ci me parait coller
comme un gant à l’élégance de ton récit à laquelle la trivialité que tu y parsèmes (moi je dirais l’humanité) n’attente jamais : « Si du moins il
m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les
hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une
place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes, - entre lesquels tant de
jours sont venus se placer - dans le Temps.»
Quelle imp(r)udence d’écrire après cela. Cependant je continue.
Vladi, qui se nourrit du sang des siens tout autant que de sa propre substance vitale ne s’apparente pourtant
en rien au Vlad Tepes/Dracula de B. Stoker. Il n’achève jamais ses victimes et nourrit pour elles un attachement immodéré. Prévenant à l’égard de ses prétendus tortionnaires, il souffre d’un
Syndrome de Stockholm démesuré vis-à-vis de son géniteur. Les courts paragraphes de « Alors il dit » qui closent le récit invalident le credo de Vladi - auquel on n’a jamais
cru : imPère et passe - dans une émouvante compréhension : «C’était quasiment invivable d’être moi-même à l’intérieur de moi…Désolé pour les dégâts extérieurs… ».
Extérieurs seulement ? Autre interrogation, quand le petit Vladi a-t-il enfin perçu cela ? En 74 ou à trente balais permettant de mieux essuyer derrière soi ?
Vladi « écrit ses rédactions dans la souffrance et les larmes jamais dans la joie et le rire » parles
tu du sujet de tes écrits ou de leur mise au monde ?
Rassurons le lecteur potentiel cela déborde de joie et de mes éclats de rire tout au long du récit. Les
vacances à la neige sont inénarrables. L’Ode Ouateaire est un pur bijou de vérité réaliste. Souffrance et larmes ne font que passer afin de prouver que nous sommes bien vivants. La langue Sigg
est bien là, moins foisonnante que dans la Touffe mais tout aussi savoureuse. Le Tempspasse est plus qu’un jeu de mot. Le « blocage emmental » pathologique, valide les origines suisses.
Et de pures réussites excitent les papilles, voire au delà : « Gigi le sauteur a installé un antique projecteur 8mm, du genre qui met en cloque la pellicule très régulièrement, pour
enfanter des entractes », « ils grimpent comme des moutons…en courant à perdre la laine », « dans l’enceinte en ruine, où le curé du village rassemblait les rejetons de ses
oies pour leur annihiler la délinquance ». A noter que la façon dont tu te CONfronte au sexe est proprement jubilatoire car seulement adossée au désir du plaisir.
Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, je plaide coupable, mais la contemporanéité
parfaite que nous partageons rajoute un surplus d’émotion à ton récit. Mon bonus perso où de si nombreux gimmicks flattent ma mémoire : 68 (n’en déplaise aux gens de petite taille), la mort
d’Allende, El pueblo unido…, les Gallia filtres (que fumait ma mère), Pif gadget (les pois sauteurs), le Masque et la plume, c’est une radio qui s’écoute très fort pendant le repas et dans un
silence religieux, (aujourd’hui le générique de cette émission m’émeut chaque fois qu’il démarre car j’attends les voix de F. R. Bastide, G. Charrensol et J.L. Bory qui ne viennent plus), les
énormes gentleman cambrioleurs (l’ile aux trente cercueils)… Pour ces madeleines du Père Marcel que je convie à nouveau ici, sois en remercié. Mêlant rugosité et légèreté, à l’image de la vie,
ton récit fut le plaisir de ce week-end. Une question me tarabuste encore : Est-ce que d’avoir de grands pieds implique que celui qu’on prend (de pied) en est accru d’autant ? J’attends
avec gourmandise l’outrecuidance de ton « Ile du Toupet » ? Amical chapeau
bas. Marc.
Par Ivan Sigg
Lundi 8 décembre 2008
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12:42
J’ai englouti "La Touffe" par tous les sens, dans une seule respiration. (Inspiration, devrais-je écrire). Yan
peux que m’incliner ébaubi devant ce brillant foisonnement (Toisonnement, devrais-je écrire). Ivandalise les mots (Maux, devrais-je écrire) afin de mieux les enfiler en leur filant de
surnuméraires sens pour de semblables sonorités. Ces perles de langue(s) offertes d’affilée (A la queue, devrais-je écrire), paluchées d’une main unique (Inique, – pardon Y nique –, devrais-je
écrire) semblent sourdre de la multitude des sens. (D’essence divine, devrais-je écrire). Quand les poils du pinceau taquinent (Tapinent, devrais-je écrire) la plume du stylo, les lettres se
colorisent et les mots s’imagent. Ces animaux (Animots, devrais-je écrire) explorent le fond tout autant que la forme (Les formes, devrais-je écrire) de la création artistique. Ils parviennent
durant quelques pages à nous convaincre que cet acte de création que l’on imagine assurément solitaire peut se pratiquer à quatre mains, huit pieds dans une jouissive étreinte sur de
gargantuesques surfaces de toile, et ce dans une crédibilité de chaque ligne. Mais hélas (Et lasses, devrais-je écrire) ces bêtes là, trop anthropomorphisées sont déjà condamnées. (Damnés cons,
devrais-je écrire). Tenter « d’être seul avec les autres » reste de l’ordre du Graal, de la Pierre philosophale. Mais si la recherche ne conduit pas à tout coup au terme, elle
n’est jamais vaine (Veine, devrais-je écrire). La sincérité protège de toute indécence.
Mais cessons là l’emphase !
Tu m’as procuré un superbe début de week-end. Je ne choisis que trois exemples.
ENCHANTÉ page 109 : « Moi je fais la vaisselle
la nuit. Les résidus de fond d’évier, trop gras pour les tamis du refoulement, je les balance au petit matin dans mon carnet de salissures ».
- TOUCHÉMU page 131 tout le paragraphe du Blaireau:
« Peut-on et doit-on traduire en peinture une souffrance comme ça mon pote ? » jusqu’à « Hein, l’ami dit le moi putain de merde ! »
- ECROULÉ DE RIRE page 87 : « C’est pas l’heure
de prier l’ayatollah qu’aux ménisques »
Quand dans mes propres lignes je traque l’allitération et la suggestion, tu sculptes les mots dans un langage
qui réussit à écrire la peinture comme si la toile était devant nos yeux. Mais oserais-je encore te faire lire mes lignes. En revanche (car tu m’as fait lire ton deuxième texte alors que je t’ai
donné mon premier) j’oserai te demander « L’annonce faite à Joseph » surtout qu’il va te falloir faire fissa avant qu’il ne soit au courant, le 25 décembre c’est dans à peine une grosse
quinzaine.
Merci beaucoup.
Marc Bernadac
Par Ivan Sigg
Lundi 10 novembre 2008
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23:06
Ce soir Aline m'invitait à venir écouter Charles Berling www.charlesberling.com lire une adaptation de "Maitres
anciens : comédie" (1988) de Thomas Bernhard à l'auditorium du Louvre. Le texte est décapant, il étrille les artistes et l'art officiel comme plus personne n'ose le faire (à part Pierre
Souchaud). Charles Berling (sans doute son unique soirée de relâche de "Fin de partie" ! Quel bosseur !) était enflammé et la salle riait de bon coeur. Il nous a offert un lapsus d'anthologie
entre deux gorgées d'eau en s'en prenant à "la religion cahotique... heu catholique" et l'a joliment surmonté d'un grand éclat de rire !
Sûr que Alexis Monvillle du site UJUO unjouruneoeuvre.eu se fera un plaisir de mettre en ligne
les deux oeuvres dont parle Thomas Bernhard que sont "L'homme à la barbe blanche" de Tintoret et
" La région de Suffolk" de Gainsborough.
J'ai transmis mes dessins de "fin de partie" à Charles Berling, lui ai montré le croquis
ci-dessus et l'ai félicité pour ses propres dessins visibles sur son site. Il est allé chercher son manuscrit de lecture qui, à ma surprise, était couvert de têtes réalisées au feutre-pinceau
pentel (à encre de chine ). Il m'a promis qu'il allait lire ma pièce AnimAlAmlet qui est entre
ses mains depuis quelques jours.
La sortie nocturne par le ventre de la pyramide - vide à cette heure - était totalement féérique.
Par Ivan Sigg
Mardi 21 octobre 2008
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08:23
Il y a des forêts de livre inutiles. Aussi il faut savoir partager les livres généreux qui nous ouvrent au monde. Ainsi, tous les livres de Irvin Yalom sont des
éclairs de lucidité. "Et Niezsctch a pleuré" est un bijou.
"Nous vivons des vies héroïques" (Stock) d'Olivier Charneux en est un également. Olivier regarde les gens vivre. Il les regarde vraiment, avec bienveillance et humour.
Ces 41 portraits sonnent juste. Le diplomate iranien amoureux de La Callas; La clocharde
"irradiée"; Antoine qui louchait dans la mauvaise direction ; Christophe qui arrive au pays des écrivains; Xavier le défoncé voyageur; Pierre-Jean le handycapé philosophe; La fille aux cheveux
rouge; Liliane la militante; Hélène la camionneuse...
La lecture est fluide. la phrase est courte. La langue est simple. L'écriture est
multiforme, sa variété est son invention. Aucune phrase toute faite. Très peu de métaphores mais celles qu'on rencontre sont poétiques et un poil décalées. Il n'y a rien à couper. On est content
de croiser ces gens. On a envie de savoir encore et encore.
Par Ivan Sigg
Dimanche 5 octobre 2008
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Dessin nocturne aux feutres pinceaux (A4)
Achevé de lire cette nuit "Le baron perché" d'Italo Calvino, très original, très bien écrit, trop bien peut-être et finalement verbeux. Italo calvino est un étireur de copie à
l'instar de son maître Cervantès. J'ai préféré "Le chevalier inexistant" et j'avais adoré "Villes invisibles", il y a 30 ans de cela.
Dévoré, cette nuit aussi, le passionnant " Ovnis et science, Les aventuriers de la recherche" du grand astrophysicien, cosmologiste, pionnier de la MHD, Jean-Pierre Petit, qui
fait le point sur ses recherches actuelles www.ufo-science.com.
Par Ivan Sigg
Lundi 21 juillet 2008
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14:53
Allez donc déguster "Sigg et son gadget", la critique de Daniel Fattore à propos de "L'annonce faite à Joseph" (Julliard),
roman que j'ai écrit en 1999.
DF, L'homme qui lit plus vite que son ombre, sait aller au coeur des choses et les dire avec justesse... au point de me donner envie de me relire !
http://fattorius.over-blog.com/article-21339995.html
Par Ivan Sigg
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