philosophie

Lundi 5 octobre 2009
Vendredi j'étais invité à l'OPEN WORLD FORUM pour assister à la conférence d'Alexis Monville sur "Le facteur humain au coeur de l'industrie du logiciel libre".
Samedi je participais à un séminaire sur la pédagogie et la formation au Centre Professionnel et de Pédagogie Appliquée (CPPA, Vitry, Conseil Général du Val de Marne)
Dimanche la France référendumisait pour garder une Poste publique et des facteurs humains :)

Vendredi, Avenue georges V, à l'Eurosite c'était petits fours, costards cravates et Power Point à gogo. Il y avait des gens généreux, des passeurs (comme Alexis Monville et quelques autres) mais il y avait aussi des brochettes de Nerds et de Geeks parlant en langage anglocodé, bardés de "slides" et de suffisance. Le meilleur exemple était ce gars de Danone qui avait déjà tout compris à 29 ans et qui nous expliquait sans rire comment avec son patron Riboux il sauvait le Bengladesh à coup de yaourts. C'était à rire et à pleurer. Quand on sait comment Danone se démène pour introduire des laitages et des sucres au Japon, créant à terme des cancers que ce pays ne connaissait pas...
La recette est simple : 1) Bousillez la planète et les hommes en créant des besoins, en poussant à la consommation, en générant de la compétition et de la souffrance, et en accumulant toujours plus de bénéfices. 2) Dénoncez hypocritement tout ce qui bousille les hommes et la planète. 3) Créez enfin une fondation qui va donner des abris et des yaourts (ou des ordinateurs comme Gates) aux plus atteints parmis ceux que vous avez bousillés. Ainsi, d'une pierre deux coups, vous vous déculpabilisez et offrez une façade propre à votre ambition et à votre désir de pouvoir.
On était très loin de la belle idée arborescente, coopérante et responsable, du logiciel libre...

Samedi au milieu de trente psychologues, médecin de PMI, philosophe, assistante sociale, formateurs d'assistantes maternelles, psycho-sociologue... j'ai essayé de parler de l'attention au monde et de la connaissance de soi. Le débat, riche et passionnant, a beaucoup tourné autour du "dosage" entre la théorie et la pratique puis de l'engagement. J'ai mis volontairement les pieds dans le plat de ces formateurs dévoués à leur métier et en proie à de grosses difficultés avec les institutions, en faisant le constat que "l'engagement est, le plus souvent, le contraire d'une préoccupation éthique" et pouvant même être nocif à la pédagogie car résultant d'une projection d'idéaux illusoirs sur la réalité. J'ai également dit que lorsque j'intervenais dans une formation, je ne formais pas mais que je dé-formais, dans le sens où mon rôle de pédagogue consistait à mettre en retrait mon ego et à offrir ma liberté pour éveiller les consciences et non à les faire rentrer dans une forme. Il manquait hélas un médiateur extérieur (un psychanalyste rôdé aux groupes type Balint ?) qui aurait pu nous renvoyer en miroir, comment la parole était prise, circulait ou stagnait, et nous montrer comment certains sujets techniques rassuraient et comment d'autres passaient systématiquement à la trappe (la sexualité, la connaissance de soi...). Certains ont trouvé mes "propos dangereux", d'autres les ont trouvés "naïfs" ("comment peut on mettre son ego de côté?"), mais certains sont venus me remercier en apparté.

Dimanche 2 millions de français décidaient que la poste devait rester un service public.

commentaire de "jerem" :
Tous des cons sauf Sigg ! Bonjour le gros ego ! Heureusement que les geeks sont là et pas que les barbouilleurs à la grosse tête !
Par Ivan Sigg
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Mardi 15 septembre 2009
Walter Peretti est à la fois la perle et la crème des maîtres de Qi Gong (hi hi je n'en connais qu'un ;) ... formidable gymnastique chinoise qui permet de retrouver une attitude intègre, une fluidité globale du corps, bref, de se défragmenter.
Bonheur de faire
à ses côtés des vols de Grue blanche, des dos de tortue ou des rugissements de tigre. Allez voir son site pour tous ses autres cours et stages :
http://www.baiyuan.fr
Par Ivan Sigg
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Dimanche 30 août 2009
Voici la suite de la discussion autour du livre de Bernard Sigg "Croire n'est pas penser". Lire les articles "Croire n'est pas penser" de Bernard Sigg, éditions Golias    et Contribution de l'écrivain Marc Bernadac à la discussion sur l'article "Croire n'est pas penser"

Bernard Sigg :
Tu es le premier à produire un texte sur mon livre, je t’en remercie. Je constate l’éloignement de nos modes de pensée. Pour te répondre, j’essaierai d’être nuancé, bref et clair (conjonction quasi impossible). Tu te réfères avant tout dans ton commentaire au Moi (un leurre pour Lacan et moi !) et à l’Etre. Or il s’agit là de notions vagues — pas de concepts — non universelles ; ainsi la pensée chinoise s’en est passé comme l’a bien exposé François Jullien. Elles impliquent en effet une clôture bornée à l’individu posé comme isolat. Rien n’Est en soi, car tout est rapports, relations, connexions. Et tout particulièrement le Sujet humain : « je suis » écrivait Descartes, mais seulement parce qu’on me nomme, qu’on me parle, qu’on m’attribue ceci et cela, et de plus je « suis », au sens de suivre.

    Heidegger, eh ! oui, a glorifié l’Etre, et l’idéologie contemporaine en fait le Dieu des joggers, nouveaux philosophes, etc. C’est la bulle irisée qui expose le narcissisme contemporain, sur quoi Emmanuel Todd a commis des lignes très justes dans son « Après la démocratie », livre fort riche qui pourrait t’intéresser.
    Enfin « Être » — verbe plus que substantif — est passif, bien qu’impliquant fatalement le Devenir, et donc l’espérance réfléchie, et donc la Pensée = retour à mon livre !
    Je ne suis pas philosophe. Loin de là. Mais je m’efforce de penser plus rigoureusement, avec des termes cadrant avec les expériences de ma vie, en leur donnant un sens précis. Y ai-je réussi dans ce petit livre ? Seuls les lecteurs peuvent répondre. 

Ivan Sigg : Je ne tiens pas au Moi. C’est un mot fourre-tout pour désigner mon conditionnement (mon éducation, ma culture, des traditions millénaires, ma mémoire profonde et superficielle…), mon ego, bref c’est mon arrière-plan, rien d’un isolat donc.
Je ne me réfère jamais à l’Être comme substantif ou entité. Je n’utilise que le verbe d’état Être au présent, sans y introduire la notion de temps, ni le savoir, ni la pensée.
Les individus sont tous fait des mêmes liaisons atomiques et du même vide. Il n’y a pas « ma pensée » mais « la pensée » car nous partageons tous le même processus de pensée qui (à quelques détails près sur 30000 ans) réagit de la même façon au réel et produit toujours peur, désir, souffrance, frustration, colère, haine, plaisir.
Le moi et la pensée sont de l’ordre du connu et donc limités. C’est pour cela que je constate qu’il n’y a que par une perception sans but, dans laquelle n’intervient pas la pensée, que je m’affranchis du Moi et peux entrer en contact avec le monde (avec l’autre) et avec l’inconnu.
« Rien n’Est en soi, car tout est rapports, relations, connexions ». C’est très juste et je fais le même constat. Cependant, la pensée qui mesure compare et juge, produit rapports, relations, connexions, mais toujours au passé, jamais au présent. Cette pensée est nécessaire pour construire un pont mais destructrice pour la relation. La pensée est une ré-action de la mémoire aux stimulis du réel. C’est à cause de cela qu’elle divise et crée du conflit. La pensée me met à distance (elle invente le temps), jamais au contact. Un constat : dans l’arbre, il n’y a pas de pensée, il Est, en mouvement et en relations. L’arbre ou l’oiseau ne sont jamais dans le « moi et vous » ou le « je suis ceci et je serai cela ».
A la différence de Descartes, je dis « je ne pense pas donc je suis ». Je parle ici du champ psychologique et non du champ physique où la pensée rationnelle mesure, compare et construit. Je n’existe que dans la compréhension de l’instant présent. Je nait et meurt à chaque instant. Je est sensitif, perceptif, totalement attentif.
Etre n’est pas Devenir (dans le champ psychologique). Etre est action, mouvement, c’est une attention passive, totale, et intense au monde.
L’espérance est une projection du moi sur la réalité, comme l’idéal, l’opinion ou la croyance. La réflexion est une analyse non globale de la réalité, car issue de mon expérience et de mon savoir qui sont par essence limités. L’espérance réfléchie est une image, une illusion, qui projette sa propre division sur le monde et produit de nouvelles résistances.
Les expériences de ma vie, le sens que je leur donne, n'ont aucun lien avec l’instant présent toujours neuf et en mouvement. Mes expériences (devenues savoir dans ma mémoire) sont des écrans entre Je et le réel. Il est impossible de croître (psychologiquement) par le savoir. Il faut que le savoir cesse pour que le neuf puisse exister. Le neuf, ce qui n’a jamais été, est au-delà des souvenirs.

PS : sur le plan étymologique je ne vois pas de lien entre le verbe Etre (essere, estre, ester, stare) et le verbe Suivre (sequere, sequor, sivre). Être c’est ne pas suivre ; être c’est rejeter toute autorité intérieure et extérieure.
Par Ivan Sigg
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Mercredi 26 août 2009
"Soit je suis libre.
Soit je ne le suis pas.

La liberté n'est pas un objet de quête. Elle ne se cultive pas. Elle nait spontanément du rejet de ce qui est contraire à sa nature. La liberté n'est pas une réaction. La réaction à "ce qui est" n'est autre que la continuation de " ce qui est", sous une forme différente.

Ce que nous recherchons tous, ce n'est pas la liberté, mais la sécurité absolue dans tous les aspects de notre existence. Nous nous révoltons contre l'autorité, mais notre rébellion est en fait l'expression d'un besoin urgent d'identité et d'action.

La liberté n'est autre que le déni total de la structure des idées ainsi que de l'action basée sur ces idées. Elle n'est pas l'expression d'un débordement d'égoïsme individuel.

La liberté n'est pas un idéal.
La liberté exclue toute notion d'orientation ou d'autorité.

L'attention et la responsabilité constituent l'essence même de la liberté.

          Extraits de "Apprendre est l'essence de la vie" de Jiddu Krishnamurti, philosophe indien 1895-1986
Par Ivan Sigg
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Samedi 25 juillet 2009
Contribution de l'écrivain Marc Bernadac à la discussion sur l'article "Croire n'est pas penser"

Quand je rencontre cette série de mots: "Croyance, Croire, Crédulité, Foi, Penser, Idéal, Idéologie, Espoir", avant même que de poursuivre la lecture de ton texte, une soudaine réaction instantanée et incontrôlée aux mots se produit. Sitôt lus, sans y réfléchir une seconde, et sans même que je tente de le faire, s'instaure un ping-pong inopiné. Est-ce l'effet hypnotique de l'énumération, rebond spontané ? Chaque mot en engendre un ou deux autres que je n'ai pas choisis mais qui crèvent à la surface.

Croyance = Ragot, tromperie
Croire = Confiance, erreur parfois
Crédulité = Sottise
Foi = De veau, dévot
Penser = A un être cher, indispensable
Idéal = Carotte pendue au bout d’un bâton
Idéologie = Carotte moisie
Espoir = Optimisme du pauvre

Une fois mes esprits repris, réfléchir au pourquoi de chacun d’eux, à leur sens caché ? Inutile.
Réfléchir : renvoyer par réflexion… ces quelques lignes irréfléchies.
Par Ivan Sigg
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Jeudi 23 juillet 2009
Je discute ici à partir du récent essai du psychanalyste B.W.Sigg "Croire n'est pas penser" (éditions Golias), des observations du philosophe Jiddu Krishnamurti sur le sujet, et de ma propre compréhension  du croire.
Apporterez-vous votre contribution à ces réflexions ?


PENSER ? ESPÉRER ? CROIRE ?                         


    Croyance, croire, crédulité, foi, penser, idéal, idéologie, espoir… sont des mots et des vecteurs d’images. Le mot ou l’image ne sont pas le fait. Le mot « arbre » n’est pas l’arbre. Les mots et les images sont des productions de la pensée. La pensée s’interpose comme un filtre entre notre perception et la réalité. La réalité n’est pas un roc, mais un mouvement, elle est toujours neuve, inconnue. La pensée, elle, est toujours vieille, elle agit toujours dans le champ du savoir, du connu. Le mot, l’image, la pensée, impliquent toujours le passé.
Puis-je être totalement attentif au monde sans image, sans formule, sans idée, sans idéal, sans espoir, sans principe, sans théorie ?

    Croyance, croire, crédulité, foi, penser, idéal, idéologie, espoir, sont des modes de rapport au monde. Qui les instaure ? C’est mon MOI, mon conditionnement, par le biais de ma pensée qui mesure, compare, analyse. La pensée n’est jamais dans le champ de l’action (du présent) elle est toujours dans le champ de la ré-action (du temps, du passé).

    L’observateur qui observe la croyance, l’espoir ou la pensée, cet observateur n’est autre que la croyance, l’espoir, c’est-à-dire la pensée elle-même. L’observateur EST le temps, EST le passé, EST le savoir accumulé. Cet observateur regarde la chose observée comme s’il ne lui appartenait pas, comme s’il en était séparé. Si je ne vois pas ou si j’entretiens cette séparation, je maintiens de la contradiction, de la division, du conflit. Dès l’instant où je compare Croire et penser, croyance et idéal, foi et espérance, s’installe le conflit, l’envie de trancher, le désir de convaincre, la volonté de changer l’autre, et le conflit est perte d’énergie, résistance, refoulement, haine, violence.

    Puis-je me débarrasser de la crédulité et de la croyance en démontrant qu’être Marxiste et Freudien vaut mieux qu’être crédule ou croyant ?
Le fait est que le MOI est la croyance. L’action qui se produit quand je me crois différent de la crédulité aboutit à ne jamais y mettre fin. Ce que je crois être une vérité n’en est jamais une car la vérité, comme la réalité, est toujours neuve, toujours en mouvement.
    L’observateur et la chose observée sont la même chose. Le penseur et la chose pensée sont une seule et même chose. Le penseur est celui qui sait, qui démontre, qui lutte, qui dit « Je ne suis pas crédule et vous êtes crédules », « Je sais et vous ne savez pas », « Penser est évolution et invention, croire est archaïsme et régression». Que se passe-t-il si je comprends que la pensée est limitée et que « je ne sais pas » ? Cet état de non-savoir (psychologique) n’est-ce pas le début de la compréhension ?
Le contenu de ma conscience, c’est ma souffrance, ma douleur, mes luttes, mes tristesses, les images réunies pendant ma vie, mes dieux, mes blessures, mes frustrations, mes plaisirs, mes peurs, mes tourments, mes haines. Et ma conscience est limitée à son contenu. Comment alors puis-je m’en affranchir pour entrer véritablement en contact avec le monde, ici et maintenant, sans division et sans conflit ? Le penseur, l’observateur peut-il s’effacer pour laisser surgir la réalité ?

    Le corbeau est-il croyant ? Le chêne est-il crédule ? Quelle est la foi de la baleine ? La montagne croit-elle en une théorie ? La mer a-t-elle un idéal ? Le photon prône-t-il une idéologie ? Non, ils rayonnent indifféremment, sans mobiles, sans créer de divisions, de contradictions ou de conflits. En quoi suis-je différent d’eux ? Et pourquoi m’éclairent-ils quand je les observent attentivement ?

    Pour construire un pont ou une fusée, apprendre une langue ou soigner, je dois accumuler des connaissances, acquérir un savoir technique, mais d’autres (ou l’ordinateur) peuvent le faire aussi bien que moi sinon mieux. Par contre, personne ne peut observer et comprendre mon rapport aux autres à ma place car pour construire une vraie relation il n’est pas de mémoire ou de savoir qui tiennent. Alors faisons comme si nous ne savions rien. Affranchissons nous de toute autorité extérieure : Ni croyance, ni dieu, ni maître, ni Freud, ni Marx, ni parti ; et affranchissons de toute autorité intérieure, c’est-à-dire de notre conditionnement, de notre Moi,.  Que devient alors le processus de pensée ?
    La pensée est une réaction de la mémoire (consciente, inconsciente et corporelle) aux stimuli du réel. Elle est ancrée dans le passé, dans le connu et donc limitée. Elle n’est donc jamais libre. La pensée ne peut jamais entrer en contact avec l’inconnu. Constamment, elle se réfère à un objet : Croyance en notre expérience, croyance dans notre savoir, croyance dans notre chance et dans notre intuition, croyance en un idéal, croyance dans les idées, croyance dans la culture et dans l’histoire, croyance dans l’avenir, culte des penseurs, culte de la théorie, culte des valeurs… Oui, penser c’est croire. La pensée est un ensemble de croyances organisées, c’est-à-dire un ensemble d’illusions et d’images que notre cerveau projette sur la réalité pour nous sécuriser, pour ne pas être terrifié par notre vide intérieur et par le vide sidéral, par la mort, par la nouveauté permanente du présent.

    Le problème c’est la pensée qui s’est séparée d’elle-même sous forme de penseur. Le penseur dit « penser est indépendance de jugement et goût de l’effort, croire est dépendance, paresse et passivité», « penser est une protection, croire est un piège », « l’individu pense, la foule croit », « l’espoir est constructif et la croyance destructrice ». Le conflit n’existe que parce qu’il y a division entre MOI et non-MOI. Et nous nous sommes habitués aux divisions, aux contradictions et aux conflits depuis des millénaires au point de croire qu’il nous étaient vitaux quand bien même nous constatons chaque jour qu’ils nous détruisent.
    La pensée nourrit le plaisir et la peur. Peur du présent, peur du vide intérieur et extérieur, peur de l’avenir, peur de la mort, peur de perdre le connu, peur de l’inconnu, peur de la différence, peur de ne pas se réaliser, peur de ne pas être aimé, peur d’aimer. C’est la pensée qui, pour étancher ces peurs, invente  la croyance, l’idéal, et l’espoir .

Alors que faire ?
    Etre intensément et totalement attentif à ce qui EST, avec honnêteté et humilité, sans volonté, sans comparaison, ni jugement, ni identification, ni acceptation, ni rejet.
Si je suis en colère, il n’y a pas un JE différent de la colère. Le fait est que mon MOI est la colère. La colère cesse instantanément quand je vois cela. Voir cela ne peut être le résultat que d’un esprit silencieux, immobile et à l’écoute. Etre sensitif, attentif, perceptif, c’est s’ouvrir à tous les possibles, c’est s’affranchir du MOI et donc… de la pensée.
    Je ne suis vraiment moi, c’est-à-dire sans croyance, sans espérance, sans opinion, sans idéal, qu’hors de mon conditionnement, entièrement dans l’instant présent. Je ne suis vraiment moi que dans l’ETRE et non dans le DEVENIR. C’est par cette attention totale sans centre et sans but (sans attache et sans volonté), quand la liberté n’est plus la fin mais le moyen, que peut se produire une révolution intérieure.
Et alors le monde change.

Par Ivan Sigg
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Mardi 21 juillet 2009
L'ignorance n'est pas un manque de savoir ou de connaissances, c'est un manque de compréhension,  le manque de compréhension de soi-même.

Le plus souvent nous attribuons les conflits à l'autre, à l'environnement, à la société; mais la société c'est moi, c'est mon rapport aux autres, et c'est moi qui ai construit cette société. Donc, à moins que mon MOI ne soit totalement transformé, je contribue aux conflits. Et transformer le MOI, commence par voir la totalité de mon conditionnement.
                                                                                   en discutant avec JK
Par Ivan Sigg
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Jeudi 9 juillet 2009
Percevoir, sentir, aimer un nuage, un oiseau, un arbre, un être humain, requiert une attention extrême, et comment pourrais-je être attentif, alors que mon esprit est distrait pas ses connaissances ? Les connaissances sont utiles sur le plan technique, et c'est tout. Si un médecin ne sait pas opérer, il vaut mieux l'éviter. Les connaissances sont nécessaires à un certain niveau, mais le savoir n'est pas la réponse à notre détresse. La réponse est dans cette sensitivité, cette passion qui nait lorsque mon Moi (mon conditionnement) est absent, lorsqu'il n'y a plus d'observateur de l'expérience, lorsque j' oublie totalement que je suis, c'est à dire lorsque je suis l'expérience. Cette qualité de passion est nécessaire si je veux percevoir, comprendre, aimer.
Une vie intègre, une vie de plénitude n'a rien à voir avec le savoir.
                                                                                Ivan discutant avec Jiddu Krishnamurti (1895-1986)
Par Ivan Sigg
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Lundi 6 juillet 2009
Depuis trois mois je découvre le Qi Gong avec Walter Peretti, un prof sensationnel. Nous travaillons sur le vol de la grue blanche, une vraie découverte ! (nous avons également effleuré la "forme du Tigre") La métaphore animale me convient tout à fait et je suis heureux de rencontrer cette pratique créative, attentive au mouvement, à l'énergie et au souffle... sans être martiale.

Cet été les cours ont lieu en juillet et août
Le mercredi : 19h-20h30, jardin du palais royal
Le samedi : 10h-11h30, square carpeaux (18ème)
Le dimanche : 10h-11h30, square carpeaux (18ème)
10€ le cours, ou 40€ les 5 cours.

Contenu : travail sur les principes communs au Qi Gong et aux autres arts internes chinois:
- structure (Ti) et posture
- coordination motrice, fluidité du geste et circulation des souffles
- culture de la tranquilité au sein du mouvement, et du mouvement au sein de la tranquilité
- variations du Yi dans un même mouvement ou une même posture
A noter qu'il n'y aura pas cours les 11, 18, 19, 22 et 25 juillet car Walter sera alors en stage.
www.baiyuan.fr
Par Ivan Sigg
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Jeudi 4 juin 2009


Lorsque je suis dans un état de complète attention ma pensée s'étiole puis disparait, et mes soucis avec.
Par Ivan Sigg
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