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Dialogue avec Nat, Pief, Laf et Ivan

Laf : Ce chemin me fait penser à...
Ivan :
Ne plus comparer. S’affranchir de sa mémoire pour voir et comprendre la beauté et la nouveauté de l’instant.

Nat : Moi je ne veux pas effacer ma mémoire. J’en ai besoin, ça me construit.
Ivan : Ma mémoire est pleine d’expérience incomprises, d’images partielles qui s’interposent entre JE et la réalité. Elles sont le passé, ma part figée, cette partie de moi qui n’est plus en mouvement, ma part morte. Etre vivant c’est être dans le mouvement de la vie, sans effort, sans action et sans but.
Nat : Avec cette idée on doit tous être pareils alors! Pas de différences, tout est nivelé, c’est le communisme.
Ivan : Non, le réel est variété, si je suis le réel alors à chaque instant je suis différence. C’est notre processus de pensée qui nivelle tout depuis 30000 ans par autoprotection. Ce processus est le même sur toute la planète et nous souffrons tous psychologiquement des mêmes choses.
Nat : La souffrance est humaine.
Ivan : C’est une conclusion ? Une vérité définitive ? Observons-la, discutons-la. Avons-nous besoin de souffrir ?
Nat : Tu as une méthode à proposer pour ne plus souffrir ?
Ivan : Non je n’ai ni méthode, ni système puisqu’il s’agit d’entrer en contact avec le présent qui est toujours l’inconnu.
Nat : Alors tu ne fais rien, c’est ça ? Si je n’ai plus ni ma mémoire ni ma pensée alors je n’ai plus rien, je ne suis plus rien !?
Ivan : Si, il y a la perception.
Nat : Et alors ?
Ivan : Alors j’entre en perception. Je m’affranchis du processus de pensée pour tout voir, sans choix ni préjugé.
Nat : Mais je ne veux pas tout voir ! C’est épuisant ! Trop c’est trop !
Ivan : As-tu essayé ? Ne pas vouloir tout voir est une protection. C’est le fait  de notre pensée limitée qui a peur de perdre le connu et peur de voir surgir l’inconnu. Le Tout est devant moi, sous mes yeux, mais je mets de la volonté et de l’effort à n’en voir qu’une partie, à trier la réalité... je repousse donc une grande partie de ce qui est en créant des frontières, des divisions et donc des conflits d’intérêts… or ce qui est, est un tout indivisible !
Nat : Je choisis de voir ce qui m’intéresse, ce qui convient à ma personnalité. Parfois, je me recentre sur moi-même — souvent d’ailleurs — où bien, je me concentre sur un seul aspect de la réalité.
Ivan : Si je mets de l’énergie à me protéger de tout ce qui ne m’intéresse pas, à repousser tout ce sur quoi je ne me focalise pas, c’est de l’énergie perdue à résister , à me cantonner dans le connu. C’est une énergie qui crée du conflit intérieur et extérieur. Si par contre j’utilise mon énergie de façon créatrice à accueillir le Tout, c’est à dire à Voir le présent dans son surgissement, alors je deviens créateur de ma vie, je suis la vie. Accueillir tout le réel sans le juger, c’est rayonner sans intérêt, sans but, comme la fleur.
Laf : C’est "UNE" façon de voir le monde. C’est TA vision. Tu ne peux pas l’imposer aux autres !
Ivan : Ce n’est pas une façon de voir le monde, autrement dit un avis ou une opinion. C’est un constat que je fais. Nous avons beau construire des clivages pour nous protéger et nous rassurer, la réalité est un Tout en renouvellement permanent et je fais partie de ce Tout. J’essaie de voir cette nouveauté à chaque instant. Non, je n’essaye pas, je la vois à chaque instant. Je ne vis pas une expérience, je suis l’expérience. Il n’y a pas celui qui perçoit d’un côté et la chose perçue de l’autre, il n’y a que la perception.
Pief : Je comprends ce que tu dis mais c’est très difficile à appliquer… dans le travail notamment.
Nat : Impossible au boulot de voir l’horrible madame R comme neuve à chacun de ses odieux coups de fil…ce serait comme un jour sans fin. Autant se mettre une balle dans la tête !
Ivan : Pourtant toi et elle vous êtes neuves chaque matin, que tu le veuilles ou non.  Etre attentif à celà c'est aimer l'autre. Je suis le monde. Je suis le résultat de millier d’années d’évolution. Si je change, je change le monde. Si je stagne, le monde stagne. Si je me sclérose, le monde se sclérose.
Laf : N’essaie pas de convaincre.
Nat : Oh, j’aime bien discuter avec Ivan. Ce n’est pas souvent que j’entends ce genre de discours. Alors si je comprends bien tu ne fais rien.
Ivan : Je ne suis rien. Et "le rien peut pénétrer dans n'importe quelle faille". Le non-agir est une action intense. Mon état d'attention change le monde sans volonté aucune de le changer. Cet état de perception totale, ce non-agir fluide, alerte, lucide et intense est terriblement révolutionnaire.
Nat : Heureusement que des gens se sont bougés et ont combattu l’injustice. Les femmes par exemple ont obtenu le droit de vote, de s’exprimer, de travailler et d’être maitresse de leurs corps. On n’est pas heureux d’accord, mais on vit mieux qu’avant, non ? Sans combat, à ne rien faire, on n’en serait pas là !
Ivan : Pas sûr du tout. Certains combats ont produit certains mieux être mais c’est momentané et très précaire. Et l’on a connu de nombreux retours en arrière. Depuis 3000 ans il n’y a eu aucune évolution psychologique, la haine, la colère, l'exploitation, l'accumulation, la soumission, la destruction sont toujours là. Pour maintenir à flot nos démocraties riches nous pillons quatre milliards d'humains et polluons la moitié de la planète, c’est monstrueux ! Non, les humains ne sont pas plus heureux.
Laf : Le but de la vie n’est pas d’être heureux.
Ivan : La vie n’a pas de but mais la pensée humaine s’en donne, détruisant la vie en cela. "Etre heureux" est une comparaison, c'est toujours par rapport à un idéal ou un. repère.  N’ayons aucun centre, aucun  but et vivons sans conflit et sans division, dans la compréhension du mouvement du monde.
Tag(s) : #Dialogues

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