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Vendredi j'étais invité à l'OPEN WORLD FORUM pour assister à la conférence d'Alexis Monville sur "Le facteur humain au coeur de l'industrie du logiciel libre".
Samedi je participais à un séminaire sur la pédagogie et la formation au Centre Professionnel et de Pédagogie Appliquée (CPPA, Vitry, Conseil Général du Val de Marne)
Dimanche la France référendumisait pour garder une Poste publique et des facteurs humains :)

Vendredi, Avenue georges V, à l'Eurosite c'était petits fours, costards cravates et Power Point à gogo. Il y avait des gens généreux, des passeurs (comme Alexis Monville et quelques autres) mais il y avait aussi des brochettes de Nerds et de Geeks parlant en langage anglocodé, bardés de "slides" et de suffisance. Le meilleur exemple était ce gars de Danone qui avait déjà tout compris à 29 ans et qui nous expliquait sans rire comment avec son patron Riboux il sauvait le Bengladesh à coup de yaourts. C'était à rire et à pleurer. Quand on sait comment Danone se démène pour introduire des laitages et des sucres au Japon, créant à terme des cancers que ce pays ne connaissait pas...
La recette est simple : 1) Bousillez la planète et les hommes en créant des besoins, en poussant à la consommation, en générant de la compétition et de la souffrance, et en accumulant toujours plus de bénéfices. 2) Dénoncez hypocritement tout ce qui bousille les hommes et la planète. 3) Créez enfin une fondation qui va donner des abris et des yaourts (ou des ordinateurs comme Gates) aux plus atteints parmis ceux que vous avez bousillés. Ainsi, d'une pierre deux coups, vous vous déculpabilisez et offrez une façade propre à votre ambition et à votre désir de pouvoir.
On était très loin de la belle idée arborescente, coopérante et responsable, du logiciel libre...

Samedi au milieu de trente psychologues, médecin de PMI, philosophe, assistante sociale, formateurs d'assistantes maternelles, psycho-sociologue... j'ai essayé de parler de l'attention au monde et de la connaissance de soi. Le débat, riche et passionnant, a beaucoup tourné autour du "dosage" entre la théorie et la pratique puis de l'engagement. J'ai mis volontairement les pieds dans le plat de ces formateurs dévoués à leur métier et en proie à de grosses difficultés avec les institutions, en faisant le constat que "l'engagement est, le plus souvent, le contraire d'une préoccupation éthique" et pouvant même être nocif à la pédagogie car résultant d'une projection d'idéaux illusoirs sur la réalité. J'ai également dit que lorsque j'intervenais dans une formation, je ne formais pas mais que je dé-formais, dans le sens où mon rôle de pédagogue consistait à mettre en retrait mon ego et à offrir ma liberté pour éveiller les consciences et non à les faire rentrer dans une forme. Il manquait hélas un médiateur extérieur (un psychanalyste rôdé aux groupes type Balint ?) qui aurait pu nous renvoyer en miroir, comment la parole était prise, circulait ou stagnait, et nous montrer comment certains sujets techniques rassuraient et comment d'autres passaient systématiquement à la trappe (la sexualité, la connaissance de soi...). Certains ont trouvé mes "propos dangereux", d'autres les ont trouvés "naïfs" ("comment peut on mettre son ego de côté?"), mais certains sont venus me remercier en apparté.

Dimanche 2 millions de français décidaient que la poste devait rester un service public.

commentaire de "jerem" :
Tous des cons sauf Sigg ! Bonjour le gros ego ! Heureusement que les geeks sont là et pas que les barbouilleurs à la grosse tête !
Tag(s) : #philosophie

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