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Le 11 mai 2011, Hedy Schleifer et son mari Yumi donnaient une conférence/atelier à la Maison de l’Inde de la Cité Universitaire :

« La rencontre consciente

ou comment le lien nous révèle à notre vraie nature »


Hedy et Yumi sont des thérapeutes de couple formées à La thérapie relationnelle basée sur l'Imago, mise au point en 1975 par le docteur Harville Hendrix de l'institut pour la relation de New York.   

 

Yumi :J’ai 80 ans. Nous sommes mariés depuis 46 ans, alors je la connais bien. Elle est ma femme, ma meilleure amie, mon meilleur ami, ma maîtresse, mon maître. Ce soir je lui transmets le bâton de parole (le micro :). Hedy est un être exceptionnel, dehors et en dedans. Elle est une mère exceptionnelle aussi, très disponible pour nos deux fils. Elle est une grand-mère extraordinaire aussi avec nos 12 petits enfants. Enfin c’est une coanimatrice formidable.

Hedy :J’ai 66 ans. C’est mon 23ème mari . En effet, il a changé 23 fois depuis notre rencontre. Il dit que je suis sa 10ème femme : j’ai sans doute moins changé que lui :) Nous nous sommes mariés en 1965, j’avais 20 ans.

 

1)La relation consciente du couple 

J’ai commencé comme thérapeute. Ca marchait avec les individus et les familles mais ça ne marchait pas avec les couples. Je me suis dit que c’était peut-être parce que mon propre couple ne marchait pas. Et en effet il y avait beaucoup d’inconscience dans notre couple.

2)Le paradigme relationnel

Nous naissons en relation. Ce qui fait mal c’est d’être déconnecté. Se reconnecter, c’est ce qui fait du bien. Essayez : Dites « Ah ! c’est toi » à votre voisin même si vous ne le connaissez pas (Et toute la salle de retentir d’exclamations joyeuses et de rires)

Laura  arrive en retard et s’excuse. Non ne t’excuse pas, tu arrives au « bon moment ». Il y a Chronos (la montre, le temps découpé) et Caïros (l’organique, la vie). On arrive quand on arrive. « J’entre discrètement dans la pièce et je ne fais pas de bruit en entrant » se dit Laura, mais ça n’est pas normal ! Un enfant entre et dit « je suis là » ! (voix forte et immense sourire). Pourquoi perdons nous cela ? Quelle chose formidable d’être spontané, content d’être en vie, citoyen du monde.

Je me mets sur tes genoux dit l’enfant. Ce n’est pas une histoire d’homme ou de femme. Un enfant entre très facilement en contact avec nous et nous entrons très facilement en contact avec un enfant. Mais entre nous qu'en est il ?...

En 1943 ma mère était internée dans un camp de transit de Vichy. Elle regardait les gens dans les yeux et leur disait « bonne journée ». Elle ne s’est pas fermée. Elle a continué à dire « Bonne journée » en regardant dans les yeux.

Albert Einstein dit : « La séparation est une illusion d’optique de la conscience »

 

We are at all times in a fabric, a simless web » = Nous sommes en tous temps profondément tenus dans une toile sans coutures

 

Alors j’ai créé un laboratoire avec l'accord de Yumi.

Le couple c’est difficile. Il y a de la magie. Il y a des possibilités de complétude et de croissance. Comme thérapeute j’ai décidé de ne plus voir des conjoints seuls. Il fallait que j’invite l’intensité entre mon mari Yumi et moi.


Je vous propose quelque chose : Est-ce que quelqu’un n’a pas quelqu’un dans cette salle, un conjoint ou un voisin ? Tout le monde a quelqu’un ? Je te montre comment trouver quelqu’un. Ouvre les bras et lance : « Je suis un cadeau ! » Dis le avec du Oumpf ! « Qui veut-être mon cadeau ? »


 Notre plus importante conclusion après 20 ans de laboratoire.

Je vais vous parler des Trois Connecteurs Invisibles. Il n’y a pas de démonstration ou de méthode dans la vie, il n’y a que la vie.

1er connecteur : L’ espace relationnel

Au début de la conférence Yumi vous a invité dans l'espace relationnel de notre couple. Martin Buber (Philosophe juif) est à l’origine de toutes ces idées. L’espace que vous vivez ensemble ce n’est pas l’espace de l’un plus l’espace de l’autre, ni l’espace qui est entre l’un et l’autre. C'est l'espace ensemble. On peut facilement polluer notre espace relationnel. Comment change-t-on cet espace ensemble ?... par un pont !

2ème connecteur : Un pont

Il faut abandonner son propre monde pour pouvoir aller de l’autre côté (Ivan : se libérer du connu dit Krishnamurti). Il faut un pont pour aller chez l’autre. Il y a eu un moment très difficile dans ma vie quand j’ai dû mettre ma mère en maison de retraite. Elle déclinait et ne nous reconnaissait plus. Je mettais de l’énergie à vouloir la guérir à refuser son état. Quand j’ai compris que nous étions chacune sur une rive différente, j’ai traversé le pont, sans mes désirs et mes projections. Je me suis assise devant elle, je lui ai pris les mains, elle m’a reconnue, elle a pleuré et j'ai essuyé ses larmes. Nous étions reconnectées.

 

Qu’avez vous compris d’important ?

Patrick : je peux entrer en contact avec n’importe qui dans cette salle, mais si ma fille de 23 ans était assise là je serai incapable de la prendre dans mes bras, pourtant je le souhaite.

Hedy : Voilà une question très profonde. Tu p)enses pouvoir entrer en contact avec toutes ces personnes et tu souhaiterais entrer en contact avec ta fille de 23 ans mais tu penses ne pas pouvoir.

Ivan : Quand je n’ouvre pas les yeux il y a des ponts partout à franchir. Mais si j’ouvre les yeux, si je suis totalement attentif au monde, alors tous les ponts se dissolvent, il n’y a plus rien à franchir, je suis là où je suis, en contact avec toutes choses.

Hedy : C’est très intéressant, il y a des ponts partout quand tu n'ouvres pas les yeux, mais les ponts se dissolvent quand tu es attentif. Ah ! tu es peintre. J’aimerais connaître tes peintures.

3ème connecteur : La rencontre

L’un avec l’autre, sans frontière. La qualité de la vie, c’est la rencontre. Avec mon mari Yumi, maintenant nous vivons dans la rencontre, dans l’espace de la rencontre. (Ivan : cela me fait penser à une chanson de Brassens « Il suffit de passer le pont et tout de suite c’est l’aventure »)

 

L’art d’être un hôte et l’art d’être un visiteur

L’hôte s’ouvre là où il est vulnérable. «  Je t’invite à traverser le pont pour venir à ma rencontre ». Ouvrir, là où je ferme d’habitude. J’enseigne comment devenir un hôte. J’enseigne à être un visiteur.

Daniel: Je vois le pont mais je n’arrive jamais à aller de l’autre côté du pont

Hedy :Une très bonne question Daniel. Tu vois le pont mais tu n’arrives pas aller de l’autre côté ? C’est cela ? J’ai bien entendu ? Et tu te demandes comment aller plus loin que la moitié du pont ?

Valérie:Quand on naît comme vous avec une mère si formidable et aimante, n’est-ce pas facile finalement d’aimer son mari et de dégager autant d’amour vers les autres. Comment font ceux qui n’ont pas eu ça ?

Hedy :Voilà une grande question très intéressante Valérie. Tu dis que j’ai eu une mère aimante et formidable et tu penses que c’est pour cela que j’aime mon mari et que j’ai beaucoup d’amour à donner, et tu te demandes comment peut on aimer quand on n’a pas eu cet amour .T’ai-je bien entendu ? C’est ce que j’appelle « Nos voisinages »

 

Comment abandonner son monde ? Comment devenir curieux avec des nouveaux yeux.

Proust dit : «  La vraie aventure de la vie ce n’est pas de découvrir de nouveaux paysages mais voir ceux que l’on connaît avec des yeux neufs »

 

Recherches sur le cerveau

Si je me sens ressenti, mon cerveau se développe. De nouvelles connexions se créent.

J’enseigne qu’il y a des voisinages. Ceux que nous aimons et ceux que nous n’aimons pas. Il  y a des voisinages partout. L’hôte invite le visiteur à venir visiter l’un de ces voisinages.

Etre en face du paysage du visage de l’autre, à 44 cm (distance de netteté optimale), le reste est flou. Le bébé est un maître du paysage du visage de l’autre. Il n’est pas rendu confus par des concepts et il voit tout. Le paysage du visage change tout le temps (muscles, couleurs, lumière dans les yeux) Notre peau parle. La peau de nos mains parlent. La peau dit tant de choses. Respirer ensemble.

 

Ecoutez cette histoire Hassidim :

Le rabbin arrive dans un village. On l’a appelé car beaucoup de grandes questions — comme celles de Daniel et Valérie ­— se posent dans ce village. Il entre dans la grande salle où tous les villageois sont réunis et il sent la tension qui émane de tous ces gens qui ont de grandes questions. Alors le rabbin se met à chanter. Et toute la salle chante. Alors le rabbin chante la même chanson mais plus fort. Et tous chantent plus fort. Et le rabbin se lève pour chanter encore plus fort. Et tous se lèvent pour chanter encore plus fort. Et le rabbin prend ses deux voisins par les épaules et commence à danser en chantant. Et tous se prennent par les épaules et dansent en chantant. Et bientôt une longue chaîne entraînée par le rabbin fait une ronde qui spirale. Puis le chant décroît et la danse ralentit jusqu’à s’arrêter. Le rabbin dit alors « Voilà, j’ai répondu à toutes vos questions »

(Ivan : nous sommes entrés en mouvement, nous avons agis sans désir, sans volonté, sans jugement, et nous nous sommes reconnectés. Il n’y a que le présent dans son mouvement, toutes nos grandes questions se sont dissoutes)

 

Une séance de miroir entre Laura et Mathias.

Mathias choisit d’être « l’hôte ». Laura est la « visiteuse »


Asseyez vous sur ces deux chaises qui se font face.

Imbriquez vos jambes pour que vos visages soient à 44 cm l’un de l’autre.

Les mains se touchent.

Les mains se parlent.

Les pouces commencent à parler.

Prenez un moment, c’est riche.

Sentez combien parle votre peau.

Vous êtes à 44 cm.

Regardez-vous avec de nouveaux yeux

« Ah ! C’est toi ! »

Avec la surprise des enfants

Voir le paysage du visage de l’autre

Prenez le temps de tout voir

Respirez profondément ensemble

Découvrez quelque chose de tout nouveau

Avec vos yeux dites « merci d’être ici »

La gratitude est importante

Merci d’être toi

Merci d’être dans ma vie

Merci d’être dans ce voyage que nous faisons en ce moment

 

Mathias : Laura, je t’invite à traverser le pont et à venir chez moi pour que je te montre quelque chose d’important

Laura : Merci pour l’invitation

Hedy : Tu marches vers lui, ton cœur ouvert comme il ne l’a jamais été.

Laura : Mathias, je suis avec toi et je suis prête à t’entendre.

Hedy : Elle va apprendre ta langue. Toi Mathias, tu vas répéter ce qu’elle dit de façon affirmative.

(Laura incite du regard Mathias à parler, elle veut l’aider, elle lui dit comment faire)

Hedy : Je gèle le moment car il y a deux coach dans cette histoire. Laura si tu viens chez Mathias avec un sac plein de consignes, tu ne laisses pas Mathias être l’hôte. Pour venir chez lui tu dois abandonner ton monde. Alors tu lui dis «  Oups ! J’ai fait tout un tas d’importations illégales. Je les renvoie chez moi et je reviens chez toi »

Laura : «  Oups ! J’ai fait tout un tas d’importations illégales. Je les renvoie chez moi et je reviens chez toi »

Mathias : Laura es-tu libérée de ce que tu apportais ?

Hedy : Non. Tourne par l’affirmative tes questions. Prends la responsabilité de ta vérité.


Le silence est très important pour la naissance des choses.

Donne tout ton respect Laura à ce silence.

Ton regard lui dit je suis avec toi

J’ai tout le temps au monde juste pour toi

Et tu respires

Tu apprends à le connaître où il est maintenant

 

Mathias : Mes doigts te disent que je suis dans une union avec toi, que je suis en résonance avec toi.

Laura : Je t’entends me dire que tes doigts me disent que je suis dans une union avec toi. T’ai-je bien entendu ?

Mathias : oui

Habite ton monde Mathias


Mathias : Ce que mes mains te disent en ce moment c’est que c’est important pour moi que tu comprennes ce que je veux

Laura : Tes mains me disent que c’est important pour moi…qu’est-ce que c’est difficile, j’oublie, je n’ arrive pas à répéter.

l’oubli c’est aussi toi

Laura (elle répète en hachant la phrase): Alors—tes mains —me disent —que c’est important pour toi — que je comprenne —ce que tu veux. T’ai-je bien entendu ?

Mathias : Oui. J’ai tout le temps au monde pour toi.

Laura : Y a-t-il autre chose que tu voudrais me dire ?

(Mathias n’arrive plus à parler. Il est figé dans les yeux de Laura. Ses mains se contractent et se décontractent)

Tu as entendu beaucoup de choses et je voudrais aussi que tu entendes… ?

La dernière chose que je voudrais te dire dans cette rencontre c’est… ?

(Laura penche la tête, sourit et réagit pour inciter Mathias à parler)

Hedy : Chaque chose que tu apportes Laura quand tu réagis, vient dans l’espace entre nous et sépare. Tu apprends à rester ouverte à Mathias à chaque instant, en tant que visiteuse.

J’ai eu ma réaction et je reviens chez toi.

 

Pour finir la rencontre, vous vous dites ce que vous avez le plus apprécié chez l’autre :

Ce que j’ai le plus apprécié chez toi pendant cette visite c’est…

Tu dis que ce que tu as le plus  apprécié chez moi c’est…

T’ai-je bien entendu ?

Sentez l’espace entre vous en ce moment.

Quelle est la qualité maintenant ?

Qu’est-ce qu’il y a là entre vous ?

Laura : Je sens du ensemble, je ne sens plus l’hôte et le visiteur

Mathias : Je sens le lien

Hedy : C’est cela, vous sentez du ensemble, il n’y a plus d’hôte et de visiteur, il y a du lien

(La salle les applaudit). Vous remerciez maintenant la salle qui est venu chez vous dans votre espace. (Ils remercient la salle). Cinq mots de la salle pour dire ce que tous ces visiteurs ont découvert d’important en venant chez vous

La salle : Emotion, écouter, rire, amour, exemple

Hedy : "Exemple" wouhaou! Je vous remercie et je remercie Yumi. Si je suis bien dans ma peau et capable d’enseigner c’est parce que cet homme est là. Au revoir.

 

Tag(s) : #Pédagogie

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