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Fiche de lecture pour le roman «Alabama Song»
de  Gilles Leroy   Folio 4867 Prix Goncourt 2007


1 – Résumé :
Vie romancée de Zelda, la femme de l’écrivain Scott Fitzgerald. Dans les années 20 une jeune femme anorexique et excentrique s’extrait d’un milieu puritain en rencontrant un soldat. Elle se révèle danseuse, écrivain et masochiste. Il se révèle écrivain ambitieux mais aussi odieux, pervers, flambeur, dépensier, alcoolique, homosexuel, publiant les nouvelles de sa femme sous son nom, copiant ses carnets et finalement la faisant interner quand elle dérange ses frasques.
2 - Sujet : Vie et déchéance d’un couple célèbre et adulé. Lente désintégration d’une femme trot tôt émancipée et vite cassée par les hommes. Roman du regret : regrets d’un amour furtif avec son amant Jos, de son fils avorté, de sa fille devenue une étrangère, d’une vraie vie amoureuse, d’une vie d’écrivain, d’une vie de danseuse...
3 - Lisibilité du texte : Lecture hachée formant une longue liste sans fin des regrets et des plaintes de Zelda, provoquant un ennui à la lecture puis un dégoût.
4 – Richesse du langage : Langue efficace, peu inventive, sans figures de style, ni métaphores, ni formes poétiques. Pas de clichés, ni phrases toutes faites.
5 - Forme : Ecriture tendue. Phrases courtes, bien écrites, paragraphes courts, style télégraphique varié : lettres, pensées, courts dialogues, descriptions courtes. Construction quasi aléatoire par accumulation d’instants. Dates-repères en marge. Quelques phrases fortes ex : « Lewis, si seulement je pouvais le castrer, j’en serais heureuse à un point que personne n’imagine. Lui couper ses boules de sécrétion dont il est fier comme de deux cancers » ex : « il n’y a pas de don, ma beauté, pas de destinée, il n’y a que cet exercice terrible et exclusif de suer, de gémir, d’implorer qui finit par fonder l’art. A condition qu’on oublie le miroir »
 6 - Personnages :  Bien campés. Tout en mépris d’eux-mêmes et dans la haine des autres. Les hommes sont particulièrement vils. Les femmes sont plus étoffées et bienveillantes (Minnie la mère, Tallulah, Lioubov, Gertrude Stein)
 7 - Liens avec la littérature et autres formes d’art : Tout un cinéma et une littérature de la déchéance. « La corde » de Hitchcock.« Sur la route » de Kerouac (sans la route). « Tortilla flat » de Steinbeck (sans l’humour). « Blonde » ou La vie de Marylin Monroe…
8 - Humour : Absence d’humour et d’auto-dérision. Parfois une forme d’ironie acerbe.
9 –  Regard personnel :  Constat d’un long dérapage destructeur. Aucune échappatoire ni pour les personnages ni pour le lecteur. Odeurs d’alcool, de vomis et de sexe triste à toutes les pages. Superficialité des rapports humains et morbidité ambiante. Depuis le début le lecteur sent que cette histoire va dans le mur. Etrangement, à aucun moment l'auteur ne parle du processus d’écriture. On ne sent pas et on n’entend pas l’écriture de Zelda, encore moins celle de Scott. Dans ce roman Scott Fitzgeralg n’existe absolument pas en tant qu’écrivain mais en tant qu’alcoolique destructeur.

    Pourquoi donne-t-on un prix à ce genre de littérature négative ? Pourquoi des auteurs se complaisent-ils à décrire des vies médiocres de gens malades qui se brûlent les ailes ? Fascination ? En quoi les lecteurs sortent-ils éclairés par cette noirceur ? Un livre de plus pour lecteur voyeur?

Vous pouvez retrouver mes fiches de lecture de textes sur comite-de-lecture.com
et mes fiches de lectures d'oeuvres d'art sur unjouruneoeuvre.eu

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Tag(s) : #littérature

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