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    Si je permets à un problème de durer un mois, un jour, ou même quelques minutes, il déforme mon esprit (et mon corps). Puis-je l'affronter immédiatement, sans déformations, et d'en être tout de suite complètement délivré, sans permettre à une mémoire, à une éraflure, à une blessure, de demeurer ? Ces mémoires sont les images que nous portons en nous et ce sont ces images qui prennent contact avec cette chose extraordinaire qu'on appelle la vie, d'où résultent nos contradictions et nos conflits. La vie est très réelle, ce n'est pas une abstraction. Nos problèmes psychologiques proviennent de ce que nous la rencontrons à travers des images.
    Lorsque je perçois une distance entre moi et l'objet de mon observation, je constate en cette distance l'absence de l'amour (l'attention totale). Sans l'amour,  quelque ardeur que je mette à décrire ou peindre le monde, à réformer le monde, à instaurer un nouvel ordre social, à parler de progrès, je ne créerai que de la confusion et des tourments.                             Ivan S. discutant avec Jiddu K.


Annik : La question de ne pas laisser les blessures s'incruster dans le corps me paraît aussi cruciale. J'ai néanmoins envie de nuancer: les maux du corps sont rarement le reflet d'une douleur immédiate, à moins que nous ayons réussi à nous débarrasser de toutes les souffrances antérieures, déjà inscrites dans le corps, ce qui me paraît illusoire…
     Je pense pour ma part que les souffrances dont la mémoire demeure dans le corps le sont sous forme d'image lorsqu'elles sont suffisamment violentes et menaçantes pour l'intégrité physique et psychique pour qu'elles n'aient pas pu être élaborées en mots. A l'inverse, c'est par l'émergence des images sur le papier, ou dans n'importe quel autre matériau, que nous pouvons reprendre contact avec ces souffrances, les élaborer en mots et les laisser quitter nos maux.
     L'attention totale n'est pas forcément l'amour. Ce n'est que l'attention totale. Les sentiments sont d'un autre ordre : c'est ce qu'on perçoit en soi lorsqu'on est en état d'attention totale. Ce qu'on perçoit peut être l'amour, mais aussi toute la gamme des sentiments, qu'on a intérêt à ne pas éviter de percevoir… sous peine qu'ils s'incrustent dans le corps (personnel ou social)! C'est pour mettre en forme ces sentiments-là qu'une surface d'expression est précieuse.

Ivan : merci Annik pour tes réflexions, elles sont rares sur la toile et donc précieuses. N'allons pas trop vite sur ce qu'est l'amour
l'amour est-il de l'ordre de l'émotion ? du sentiment ? de l'attachement ? de l'image ? ou de l'idée ? L'amour est-il de l'ordre du connu ?
   
L'amour n'est-ce pas un rayonnement comme celui de la fleur ?
Quelque chose de neuf à chaque instant ?
Quelque chose qui n'a pas de centre comme la liberté ou la beauté ?
Un état sans volonté, sans but et sans effort ?
C'est pour cela que je dis que l'amour est attention totale au surgissement du présent et que l'attention totale c'est l'amour

Sorts de chez toi dans cet état d'attention totale au monde,
c'est à dire attentive à toi-même, aux autres, aux arbres, au vent, aux sons...
n'y a-t-il pas une joie qui t'envahit ? Pour moi cette joie c'est l'amour.



Tag(s) : #philosophie

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