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Alexis Monville (que je ne connais pas) a un projet démesuré qui consiste tout simplement à numériser le patrimoine artistique mondial afin d'en faire bénéficier le plus grand nombre !
"La seule représentation d’une œuvre n’en permet pas nécessairement l’accès, la compréhension, et ne déclenche pas nécessairement l’envie d’aller plus loin. Il faudrait donc enrichir cette matière brute de toutes les connaissances autour de cette œuvre, de ces œuvres, de ces artistes, de ces périodes, courants… Enrichir de connaissances d’experts, mais aussi partager pour avoir le ressenti, les émotions, les impressions de tous les publics… afin que tout le monde puisse se retrouver dans cette immensité de création et puisse à son tour créer…"
A.Monville 

J'ai proposé à Alexis de participer à cette aventure avec mon regard de peintre/écrivain. Voici une lecture d'une oeuvre de
Edward Hopper (1882-1967)  « Nighthawks » (les rôdeurs nocturnes 1942) qui complètera je pense le travail  effectué par Françoise Barbe-Gall (c'est avec plaisir que je débattrais avec elle de son livre "Comment regarder un tableau" Chêne).
Lire ma contribution sur 
  http://unjouruneoeuvre.eu
Tout commentaire constructif est bien venu pour affiner cette lecture.

Je suis parti du constat qu'une attention complète à la toile reste ce qu'il y a de plus parlant pour amener le spectateur à la voir. La grande difficulté consiste ensuite à  analyser l'oeuvre sur le plan du signifiant et du technique ("le mesurable") puis, seulement après avoir épuisé ce champ, à poser des questions sur le plan du signifié et du psychologique ("le non mesurable").
Face à l'oeuvre, restons-en, si l'on peut, à une attention pénétrante la plus objective possible. Sans oublier qu'une chose nous manquera toujours dans l'analyse de l'oeuvre, c'est le présent de l'acte créatif, ce mouvement, ce  surgissement qui se produit dans les mains de l'artiste ou au à la pointe de son outil avant que se sédimentent les contradictions inconscientes et sociales, et que se fige le temps dans l'oeuvre.
Ainsi je prolonge le travail sur le VOIR que j'ai découvert avec le prof de sémiologie des Arts décoratifs Patrick Brault, l'historien de l'art Daniel Arras (qui débusquait le désir à l'oeuvre dans la peinture), le psychanalyste Serge Tisseron ("Tintin chez le psychanalyste", "tintin et les secrets de famille") et l'historienne d'art Françoise Barbe-Gall (qui hélas évacue systématiquement le désir)
Le résultat sera forcément politiquement incorrect et corrosif (à la Adorno ou à la Jeanne Chasseguet-Smirgel) car plus personne n'ose décrypter les oeuvres (et plus particulièrement l'art contemporain) et encore moins avec des critères objectifs comme ceux que je  propose :
- Authenticité (Degré de perception et de digestion des influences; capacité d'invention dans l'acte de création et de mise en forme originale)
- Richesse du langage (Degré de maitrise technique et de variété des codes graphiques et plastiques, construction...)
- Ludicité (Capacité de jeu dans l’acte de création, humour, ironie, jeu de forme, de sens, interrogations...)
- Émancipation de l’artiste (Degré d’introspection et capacité de remise en cause formelle, plastique et personnelle)
- Sublimation (Part du désir dans l’oeuvre)
- Rapport dialectique au présent et à l’histoire (Degré d'attention au présent et de rapport à la mémoire)
la force d'une oeuvre est liée à son degré de réponse simultanée à ces six critères .





Tag(s) : #peinture

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