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Chère Christine.
   Nous avons hélas besoin des mots pour pouvoir communiquer, mais je m’en passerais bien car ils ne sont pas la réalité et toujours de l’ordre du connu. Ainsi le mot « vent » n’est pas le vent.
    Je ne « veux en venir » nulle part car je n’ai ni but, ni attente, ni volonté de quoi que ce soit (ce qui reviendrait à nouveau à créer des résistances et des conflits intérieurs et extérieurs).
    Je ne parle pas ici de construire une usine, un pont, une école ou une fusée, je parle de relations humaines, de coopérations sociales et j’essaie avec Daniel de comprendre pourquoi il y a, là aussi, de la compétition, des phénomènes de pouvoir, de l’identification, du conflit, du désir et non du respect, de l’humilité, du partage, de la joie et de l’amour.
    Je ne suis pas dans « l’analyse » car ce serait à nouveau fragmenter le présent en le regardant avec les  lunettes du passé. Je regarde et j’écoute ce qui est, et moi-même, de façon lucide et pénétrante. Cela demande d’être extrêmement attentif, de ne pas comparer ni juger. Cette vulnérabilité (que j’offre en partage), me donne une formidable énergie créative. C’est tout ce processus que j’appelle la « vraie révolution ».
    Ce constat ne vient donc pas d’un « autre monde », mais il est vrai qu’il bouscule tout ce que nous connaissons car il remet en cause le processus même de la pensée, totalement conditionné par notre mémoire, nos peurs et notre vide intérieur.
    L’esprit n’a pas d’existence en soi, si ce n’est son contenu. Voilà pourquoi nous sommes tant attachés aux biens, aux images, aux souvenirs, aux pensées et aux idées, car ils sont notre esprit. Voilà une manière tout à fait différente de celle de Marx de penser l’accumulation et le profit, n’est-ce pas ?
    La question soulevée par Daniel est en substance « Pourquoi une telle absence d’empathie entre des hommes confrontés aux mêmes problèmes sociaux ? » Je pousse juste le bouchon un peu plus loin en demandant « Peut-on comprendre les relations humaines hors de l’observation du contenu de l’esprit? » Cette question je me la pose à chaque instant dans ma création et dans mon rapport aux autres. Je constate qu’elle provoque chaque jour une vraie révolution en moi et dans mon entourage.

    « Tu en connais beaucoup ? » , « Il ne faut pas exagérer » dis-tu.
    Tant que nous commentons l’expérience, c’est que nous sommes en dehors d’elle. Alors soyons dans l’expérience sans comparer, c’est à dire dans l’être, (dans l’inconnu pas dans le connu). Ne jugeons pas le mot ou l’idée mais vivons l’acte. Il ne s’agit pas d’être beaucoup ou peu, d’être plus ou moins, ni de raser ou réformer, mais d’ÊTRE totalement. L’important étant de commencer en étant totalement attentif à soi-même dans notre relation à l’autre. En effet, chacun de nous est un représentant de toute l’humanité et le produit de toute son Histoire. Donc, si je change, je change le monde. C’est si simple et c’est pourtant LA condition du changement.

    Chacun vit avec avec ses conclusions (« c’est un programme intenable »), mais nous ne pouvons coopérer car les conclusions ne sont que des idées, et les idées divisent.  Nous ne contribuons donc pas à la mutation du « mouvement social » car la dualité  porte le conflit (mon programme/ton programme, exagération/non exagération,  tenable/non tenable). Au contraire, nous favorisons ainsi les dissensions et la destruction de la planète.
    Qu'est-ce qui nous empêche de n’avoir aucun but, aucune conclusion, aucune image, aucune idée et d'être simplement, ensemble attentifs au monde. Pour aller loin il faut partir léger. C'est cette attention active qui induira la mutation.
art-micalement
Ivan Sigg

Tag(s) : #philosophie

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