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Leila (dans le métro):
je fais de la prévision pour le journal télévisé. 80% de l’info est prévisible : les lois, les grèves, les déplacements de politiques… Ce qui n’est pas prévisible, ce sont les faits-divers.
Ivan : Et la vie des gens, le quotidien, toute cette complexité et cette richesse des gens qui inventent leurs vies ?
Leila : Je sais, mais on serait complètement décalés ou ringards comme certains si on racontait la France profonde et son dernier fabricant de fèves.
Ivan :  Alors l’info c’est du connu à 80% et 20% de catastrophe et de souffrance ?
Leila : Oui, c’est à peu près ça.
Ivan : je pensais que l’info c’était l’inconnu, la nouveauté surgissante du présent. Il y a toujours de nouveaux médecins, agriculteurs, historiens, chefs de gare, artistes… De quoi dire le monde sous des angles variés. Hier par exemple, j’ai discuté avec un vieux Marocain de 87 ans, assis sur le trottoir. Il avait fait 5 ans contre les nazis et 5 ans au Vietnam. C’est formidable ce genre de rencontre impromptue. Quelle tranche de vie ! Les portraits et les bios des « sans ambition » sont toujours éclairantes.
Leila : Je sais bien… Mais Sarkozi et son gouvernement font tellement de choses, qu’on est obligé d’en parler, comme s’ils voulaient remplir l’espace médiatique pour qu’on occulte le reste.
Ivan : Vous n’êtes donc pas libres de vos contenus.
Leila : En quelque sorte.
Ivan : Il est difficile de sortir de son conditionnement et des ornières de la pensée. Mais on s’attendrait à ce que des outils pédagogiques comme la télé, la radio ou la presse, stimulent la pensée, l’écoute et le regard, et tu dis que c’est le contraire…
Leila : Je continue quand même à faire des sujets sur les nouvelles technologies ou comme une rencontre de parents et de profs préparant une grève.
Ivan : Invalides !je descends. Bon courage et à bientôt.
Leila : A bientôt.



Habib (au téléphone) : Dimanche nous sommes montés à pied à la Tour Eiffel. C’était incroyable, il n’y avait pas un chat.
Ivan : A croire que les touristes craignaient ce jour férié.
Habib : Cela faisait 35 ans que je ne l’avais pas fait. Petit, j’y allais tous les jeudis avec mon père. On n’avait pas classe et je l’accompagnais pour livrer ses pains au restaurant Jules Vernes. On prenait l’ascenseur de service, quels souvenirs !
Ivan : Raconte-le tout ça, c’est génial.
Habib : Et qu’est-ce que je fais là ?

Tag(s) : #Dialogues

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