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"Ça fume là haut". Un jour ce sera notre tour.

"Ça fume là haut". Un jour ce sera notre tour.


Vieil homme : vous arrivez à point nommé ! À croire que vous dormiez sous mon lit !?
Moi : allons !
Vieil homme : je dois vous révéler quelque chose...
Moi : allez-y, je m'attends à tout...
Vieil homme : figurez-vous que la nuit, mes membres s'allongent...
Moi : continuez, je vous écoute.
Vieil homme : je suis dans mon lit et je vois mes bras et mes jambes s'allonger démesurément, tels des tentacules de pieuvre. Le problème c'est qu'ils parcourent les couloirs sans but. À mon arrivée dans cette maison, ils attendaient devant les ascenseurs sans savoir quoi faire, mais depuis que mes doigts ont compris le fonctionnement du bouton rouge, ils descendent aux cuisines voler des quignons de pain. Entre nous la nourriture est vraiment minable ici. Parfois, ils montent dans les étages se coucher dans d'autres chambres. C'est très gênant. Un soir ils se sont ventousés sur la poitrine de la doublure de ma regrettée femme ! Vous imaginez sa surprise !
Moi : la poitrine...? de la doublure...? de votre femme !?
Vieil homme : l'administration de l'organisation qui gère cette usine à gaz d'intestin, ne vous a pas informé de cette disposition légale ?
Moi : non (mort de rire intérieurement)
Vieil homme : hé bien j'ai droit à une doublure gratuite pour remplacer chacun de mes vieux amis Bonois, Oranais ou algérois, tous disparus, ainsi qu'une doublure de ma femme et une autre de ma mère. Elle sont très ressemblantes, mais je ne m'y suis pas laissé prendre. Je vous les indiquerai discrètement tout à l'heure, dans l'ascenseur. C'est là qu'elles se rassemblent aux heures de repas. Ces confrontations sont assez embarrassantes.
Moi : revenons à vos membres qui s'allongent la nuit... Ne serait-ce pas un effet secondaire de...
Vieil homme : je savais que cette turgescence nocturne inusitée vous plairait. Allez, avouez que vous vous dites "le vieux débris ne va pas bien là-haut ?
Moi : pas un instant ! Par contre, votre cerveau vous joue des tours...
Vieil homme : vous savez, avec l'âge on prend conscience de plein de chose. Mon beau-père par exemple, le défunt père de ma défunte femme, était un grand affectif avec la famille, mais un vrai dur avec le monde extérieur. Il faut dire que c'était un orphelin. Il est parti de rien et en travaillant dur il a fini par posséder plusieurs immeubles à Alger. La guerre d'Algérie lui a tout enlevé et il est arrivé en France en 62, sans un kopek. On appelait son fils "Toto le pauvre" car il avait fait la campagne d'Algérie avec le régiment pied-noir qui est remonté à pied jusqu'en Allemagne ! Laissez-moi vous rapporter ce qu'il m'a raconté...
Un jour les trouffions s'affrontent entre eux pour le repas alors qu'ils sont canardés par les tirs des allemands. Un grand gars leur gueule de se calmer. Ils partent manger au mess. Quand ils reviennent le gars qui avait poussé sa gueulante s'était pris un obus et n'avait plus de tête !
Moi : il a carrément perdu la tête !
Vieil homme : Exact. Autre histoire : on avait expliqué aux français d'Algérie que les français de la métropole souffraient beaucoup. Quand les trouffions venus d'Alger ont débarqué sur la côte d'Azur, ils ont tout de suite vu que ça farnientait sans soucis, alors qu'eux en bavait depuis des années. "Toto le pauvre" est aussitôt allé voir un groupe de jeunes niçois qui chantait autour d'un feu sur la plage et il m'a raconté "si j'avais été armé ce jour-là, j'aurais tiré dans le tas. Comme je n'avais que mon casque, je leur ai tapé dessus et j'en ai étalé six !"
Je devrais peut-être mettre un casque, qu'en pensez-vous ?
Moi : je vous promets que si on va à Paris-plage, je vous trouverai un casque, en l'honneur de Toto.

Tag(s) : #Dialogues, #Photo

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